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D’hier ou d’aujourd’hui, le catéchisme a l’insigne mérite de nommer et expliquer les fêtes chrétiennes qui jalonnent le calendrier. Noël au premier chef. Alors même que « l’esprit du monde », tout acquis à l’œuvre de déchristianisation, s’emploie à séculariser le 25 décembre, jusqu’à le reléguer dans le bazar festif de la convivialité.

Test éloquent d’un monde en froid avec la dimension spirituelle de l’existence terrestre : sur votre ordinateur, ouvrez la page Google. Dans la fenêtre Recherche, entrez les mots : « Noël, fête de… ». Le mot Nativité n’apparaît pas dans le menu proposé !

L’an dernier déjà, une péripétie institutionnelle vint ponctuer cette sécularisation à marche forcée. L’inénarrable ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait souhaité de « bonnes vacances à tous les élèves et aux personnels de l’Éducation nationale », et conclut : « je vous souhaite de belles fêtes » en prenant soin d’oublier le mot Noël. Juste « pour faire genre » dans le tintamarre laïcard orchestré contre l’installation de crèches sur le domaine public.

Noël en fêtes, pour de faux ?

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Dans la novlangue de 2017, — celle qui décline la doxa bien-pensante du « vivre ensemble », — Noël devient à votre choix…

Une fête populaire qui cache son désenchantement autant dans la profusion des illuminations que dans l’hystérie consumériste, sous l’œil désabusé du Père Noël

Une fête de famille… ou de la famille, pour savourer la joie des retrouvailles entre générations. Trêve attendue au fil d’un compte-à-rebours, le « calendrier de l’Avent », censé apprendre la patience aux enfants jusqu’au jour où ils déballeront leurs cadeaux.

La fête de la lumière pour les intellos férus de culture antique. Dès le premier siècle à Rome, était célébré le culte de Mithra, importé de Perse par les légionnaires romains. Divinité de la lumière, elle symbolise le soleil invaincu (dies natalis solis invicti). En 274, l’empereur Aurélien érige ce culte en religion d’État et choisit le 25 décembre pour célébrer le solstice d’hiver.

La fête de l’amour, évoquant pêle-mêle fraternité, générosité, solidarité à l’endroit des plus démunis. Au nom d’un élan humaniste que la saison rude rend plus naturel, le mois de décembre est propice à conjuguer grandes causes nationales et mauvaise conscience collective.

La fête de la gourmandise, enfin, où les ripailles rivalisent de mets délicats et de vins fins. À consommer sans modération, bien sûr. Tant mieux pour le commerce.

Fête de Noël, pour de vrai !

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Et pourtant Noël procède bien d’une étymologie univoque. Du latin « natalis » ou relatif à la naissance, devenu Nael en ancien français. Puis Noel, suivi de l’apparition du tréma dans le courant du XVIIe siècle. Noël célèbre donc bien une naissance, la Nativité. Et pas n’importe laquelle ! Celle de Jésus, dont le nom — signifiant « Dieu sauve » — fut soufflé par un ange à Joseph. Une naissance opérée dans un complet dénuement, inversement proportionnelle à la Résurrection, événement qui scelle à jamais notre foi.

Et pourtant Noël réunit tous les chrétiens dans la ferveur d’une sainte nuit vraiment pas comme les autres, au cours de laquelle les mystères de l’incarnation et la Trinité  interrogent notre regard sur l’enfant Jésus, « conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie ».

Et pourtant, Noël demeure sous l’emprise de « l’esprit du monde » prompt à considérer les catholiques comme la tribu des « derniers Mohicans » — discrète, docile, marginalisée, résignée, timorée — aux fins de promouvoir un consensualisme festif affranchi de toute connotation religieuse. L’immanence triompherait ainsi de la transcendance. Les plaisirs matériels rendraient vaine la quête spirituelle. « S’éclater » serait plus épanouissant que se recueillir. Laïcité oblige, seul le sapin de Noël aurait droit de cité. Les « fêtes de fin d’années » auraient enfin raison de la Nativité.

Seul petit problème : la tribu catho résiste encore. Elle célèbre une fête chrétienne. Dans le sillage de saint Paul, elle n’a « point honte de l’Évangile » (Rom, 1 :16)… Et encore moins de Noël !

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