Catéchèse

Le meilleur du "bon vieux caté"

Montmartre

Bienvenue sur CATÉCHÈSE, le site du « Caté à l’ancienne », là où les vieux manuels vous offrent le meilleur d’eux-mêmes pour explorer l’éducation religieuse de jadis.

Ce florilège des beaux livres de catéchisme s’attache à mettre en perspective textes et images, miroir d’une époque où l’enseignement n’avait pas recours à la photo, et encore moins à l’univers du multimédia.

Il porte un regard didactique sur l’histoire sainte, articulant observations et explications, rituel et vocabulaire, lectures et devoirs.

Il entretient surtout le souvenir d’une pédagogie active en parfaite harmonie avec l’idéal de la vie chrétienne, entre liturgie et prière, entre échange et transmission, entre discernement et méditation.

Ressources inépuisables de notre Église universelle, « une, sainte, catholique et apostolique. » Message inébranlable puisque depuis deux mille ans, l’Évangile est en marche…

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jeudi 1 juin 2017

La Trinité au bout des doigts

 

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À l’approche de la Pentecôte, le mystère de la Trinité rejaillit dans les cœurs et se dérobe tout autant à la pédagogie. Les anciens manuels de catéchisme se satisfont de quelques images et ne s’y attardent pas. Délaissons alors cette sèche vacuité et explorons la piste d’un jouet en vogue pour (re)mettre en mouvement la puissante cybernétique liant le Père, le Fils et l'Esprit saint…

La soudaine invasion des hand spinner dans les cours d’école n’offrirait-elle pas une manne providentielle aux catéchistes ? Par le parallélisme des formes et l’analogie du mouvement rotatif, ce jouet étrange ne deviendrait-il pas un support ludique pour illustrer le dynamisme caché de notions jusqu’alors un peu trop statiques pour éclairer notre foi ?

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Première analogie, symbolique. Sous la forme d’une toupie à trois bras, — trouvant son équilibre dans la force centripète que dégage l’axe central monté sur un roulement à billes —, le hand spinner ressemble à s’y méprendre au « bouclier » de la Trinité, figure syncrétique offrant une représentation visuelle du Symbole d’Athanase*. Ce schéma triangulaire n’a d’autre ambition que de simplifier une réalité spirituelle aux dimensions infinies : le Père, le Fils et l’Esprit saint sont trois personnes distinctes tout en étant consubstantielles, c’est-à-dire procédant d’une même essence divine (ousia en grec) et reposant sur le même fondement (upostasis en grec).

Ainsi le hand spinner réalise la prouesse de rendre accessibles à tous des notions à la fois distinctes, subtiles et indissociables.

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Deuxième analogie, sémantique. L’axe central autour duquel les trois personnes de la Trinité gravitent, à égale distance, représente Dieu, alpha et omega, omniscient et omnipotent, « Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible ». Sa toute puissance s’exerce au bout du doigt — index levé vers le ciel — puisque le jouet repose là pour trouver l’équilibre dans sa vitesse de rotation.

Ainsi le hand spinner devient instrument inspiré de prières, permettant de puiser en lui le calme, l’application, la concentration qu’appelle le dialogue avec le Dieu.

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Troisième analogie, dynamique. En tournant sur lui-même, le hand spinner adopte aussitôt une forme circulaire, dans la fusion complète de ses trois bras. Au bout du doigt, n’apparaît plus qu’un seul disque, uniforme et univoque. Preuve manifeste dans cette virevolte : la divinité n’est pas séparable en trois, elle réside en un seul Être, dans un mouvement simultané d’amour unissant les trois personnes de la Trinité. « Clin Dieu » de circonstance : en terme savant, ce mouvement d’amour s’appelle périchorèse, — du grec périchorèsis —, signifiant rotation. Rotation incessante par laquelle le Père engendre le Fils dans l’Esprit.

Dans cet élan perpétuel de l’amour vivant — où tout est équilibre et harmonie —, le Père, le Fils et l’Esprit saint ne « forment » qu’un seul et même Dieu.

Ainsi le hand spinner dévoile les ressorts de la Trinité en action. Mieux encore, en tournant sur le bout du doigt, il libère sur un même axe, au même endroit, au même au moment, une force insoupçonnable, celle que la prière porte en notre cœur.

Autre temps, autres mœurs ? Au Ve siècle de notre ère, lors son périple pastoral dans les fins fonds des landes irlandaises, saint Patrick eut l’astuce d’utiliser le trèfle pour « pédagogiser » la Trinité. En notre XXIe siècle fasciné par les gadgets, pourquoi le hand spinner n’accèderait-il pas au statut de jouet spirituel ? Comme tel, il mériterait toute sa place dans l’éducation religieuse, à condition de le faire tourner, tourner encore, tourner toujours pour que la Trinité ne soit plus un mystère !

 §§§

*NB- Le Symbole d'Athanase fut attribué sans preuve à Athanase d'Alexandrie, sur la seule allégation de saint Césaire d’Arles qui fut le premier à le citer.

Diffusé dès le début du VIe siècle en Gaule méridionale, composé en latin, la tradition lui préférera le nom de Quicumque, titre empruntant les premiers mots dudit texte. Ce Symbole conquit sa notoriété au fil de son usage en Orient avant que le Symbole de Nicée-Constantinople ne fasse autorité au cours du même VIe siècle.

L’image du bouclier de la Trinité procède de la ferme volonté de « tenir la foi catholique » pour être sauvé. Le bouclier arme et protège à la fois. Église et chevalerie font alors cause commune.

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Le « bouclier » ou « écusson » de la Trinité : une représentation visuelle du Symbole d’Athanase.

Extrait (éloquent) de Symbole d’Athanase —

« Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité.

Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté.  

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs. »

§§§ 

Cf. aussi notre précédente chronique sur le sujet  — La Sainte Trinité, un mystère équilatéral ? — via le lien suivant : http://catechese.canalblog.com/archives/2016/05/20/33841368.html

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dimanche 9 avril 2017

Sainte semaine de méditation

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Dans le texte comme par l’image, les anciens manuels de catéchisme donne le ton de la Semaine sainte : « vivre avec la pensée de la mort de Jésus ». Seule nuance au tableau : le Dimanche des Rameaux qui en est le prélude.

Ce « beau dimanche qu’on appelle aussi Pâques fleuries » ne mêle-t-il pas étrangement allégresse et tristesse ? Juché sur une ânesse, Jésus entre dans Jérusalem sous les acclamations d’une foule enthousiaste. La bénédiction des Rameaux évoque ce moment de liesse.

La liturgie de la Parole se concentre quant à elle sur le récit de la Passion. Pour rappeler que la joie cède vite la place aux larmes. Pour introduire le mystère de la Rédemption : « ce n’est point pour Jésus un triomphe sans mélange, il n’est qu’une victime ornée marchant au sacrifice. » Pour nous suggérer enfin que les clameurs « Hosanna au plus haut des Cieux » et les vociférations « À mort ! À mort ! » sont prononcées sans doute par les mêmes esprits échauffés, tour-à-tour louangeurs et persécuteurs. Spectacle pathétique d’un peuple versatile, en proie à un panurgisme mortifère qui abolit tout discernement.

Méditer seul, en son for intérieur, face au Christ en souffrances, loin des émotions populaires, loin des mouvements de foule, loin des pulsions grégaires, n’est-ce pas là que jaillit la puissance vertueuse de la Semaine sainte ? N’est-ce pas là le moment d’expier par la prière les vils instincts de notre condition humaine ? N’est-ce pas aussi une grâce qui nous est offerte, dans un paradoxe poignant de miséricorde ? Celle d’accéder à la bonté de Dieu alors même que Dieu cède aux pires cruautés infligées à son Fils sacrifié.

JG

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« Frapper trois fois la porte de l’église avec le pied de la Croix » : un rite oublié lors de la procession de bénédiction des Rameaux.

Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

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Les particularités liturgiques de la Semaine sainte.

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

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 L’Office des Ténèbres : quinze cierges placés devant l’autel.

Source : Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

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Un exercice de la Semaine sainte : « regardez la Croix ! »

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938, Illust. Pierre ROUSSEAU)

Semaine-Ste-H 

Source : PRIGENT (Chanoine) — Mon catéchisme illustré - cours moyen et supérieur (Paris, Libraire Saint-Joseph, s.d.)

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mardi 4 avril 2017

Parenthèse poétique (06)

Confessionnal-X

Elle nous pose souvent « un cas », plus ou moins pressant. Elle nous inflige parfois « un examen », plus ou moins douloureux.

La conscience est cette petite voix intérieure dont se font écho les manuels de catéchisme tout particulièrement à l’approche de la semaine sainte, puisque le sacrement de pénitence nous invite à ouvrir notre cœur, dans un dialogue intime, franc et direct avec Jésus.

Dans un poème épuré de toute religiosité, le conteur provençal Jean Aicard explique aux enfants les vertus expiatrices de la conscience, qu’il suffit d’écouter pour être apaisé.

Ainsi statue notre for intérieur, ce tribunal de l’âme qui n’est pas avare de témoignages avant de livrer son jugement. Il approuve les bonnes actions, condamne les mauvaises. Il nous aide surtout à mettre en éveil nos instincts bienveillants et désintéressés. Tout ce que l’Esprit saint n’oublie jamais de nous souffler, dans le secret de la confession et dans le recueillement de la prière.

JG

Ma conscience

On sait toujours quand on fait bien,

Jean, une voix parle en toi-même,

C’est la voix de quelqu’un qui t’aime,

Car son bon conseil, c’est le tien.

 

Écoute-la, la voix secrète,

Mon fils, la voix du bon conseil :

Elle veille dans ton sommeil

Et partout, elle est toujours prête.

 

Sais-tu, Jean, quelle est cette voix

Qui te félicite ou te gronde ?

Qui parle au cœur de tout le monde,

Qui, dans la nuit, dit : « Je vous vois ! »

 

C’est « Conscience » qu’on la nomme

C’est l’écho, dans nos cœurs resté,

D’un conseil souvent répété

De notre père, en honnête homme.

 

C’est un cri de mère à genoux,

Nous suppliant de rester sages !...

La conscience a les visages

De nos pères vivants en nous.

 

C’est le souvenir d’un bon livre,

Expérience d’un ancien,

Et qui nous dit que « faire bien »

C’est avoir du bonheur à vivre.

 

Jean AICARD — Livre des Petits (Paris, Ch. Delagrave, 1886)

 

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À propos de l'auteur, Jean AICARD, (1848-1921) Cf. le lien vers un site ad hoc

http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jean-aicard

 

 

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dimanche 19 mars 2017

Parenthèse poétique (05)

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Aujourd’hui comme hier, les manuels de catéchisme puisent trop peu dans la poésie alors que ce genre littéraire a le don d’émouvoir les enfants, d’éveiller leur sensibilité en révélant la ferveur d’une foi incarnée.

Preuve manifeste au fil de « La Vierge à midi », un célèbre texte de Paul Claudel qui a le génie de mettre une prière en vers et de glisser de la poésie dans une oraison intime.

Prière saisissante dans son dépouillement : une petite église, une statue de la Vierge Marie, un long silence qui en dit beaucoup plus qu’un beau chapelet.

Prière poignante dans son recueillement : une prière apaisée qui n’implore ni grâce ni secours, un regard affectueux sur la Vierge Marie, des vers harmonieux, purs et simples, tel un cantique, de ces cantiques grégoriens dont la mélodie donne des ailes à la prière.

Ainsi le chrétien laisse-t-il parler son cœur. Son âme contemple Marie, admire sa beauté, loue les dons qu’elle a reçus de Dieu. Douce contemplation qui exhausse la prière à son plus haut degré, celui du plus beau lâcher-prise chrétien.

En résonance comme en émoi, la rencontre caniculaire de Jésus avec la Samaritaine — Jean, 4, 5-42, évangile de ce 3e dimanche de Carême — se prête à une méditation tout aussi profonde. Dialogue entre deux assoiffés autour du puits de Jacob. Jésus tire la langue : IL n’a rien pour puiser l’eau qui pourrait le désaltérer. La femme, elle, a l’outil adéquat mais elle a soif d’une eau vive « jaillissant pour la vie éternelle. » Réciprocité salutaire : Jésus étanche sa soif et la femme trouve la réponse qu’elle n’espérait plus. Juste quelques minutes d’un faux quiproquo avant que la méfiante femme ne se transforme en ardente apôtre dans son village !

Une belle aventure accessible à nous autres chrétiens, dans notre siècle tout aussi sec que la désertique Samarie, pour peu que nous sachions laisser parler notre cœur, dans le dialogue silencieux de la prière…

JG

§ 

La Vierge à midi

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.

Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n’ai rien à offrir et rien à demander.

Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder pleurer, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.

Midi.

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu’on a le cœur trop plein.

Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

La femme dans la Grâce enfin restituée,

La créature dans son bonheur premier et dans son épanouissement final.

Telle qu’est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

 

Claudel

Source : Paul CLAUDEL — Écoute ma fille (Gallimard éditions, 1934)

À propos de l'auteur, Paul CLAUDEL, (1868-1955) Cf. le lien vers un site ad hoc

http://www.paul-claudel.net

 

 

 

Cierges

La Samaritaine et le don de « l’Eau vive »

« Si tu connaissais le don de Dieu… » (Jean 4, 10)

 


mercredi 1 mars 2017

En route vers le désert

Royaume-Dieu

Saint Carême à toutes et à tous,

Sur le chemin de la Résurrection.

Prière, jeûne, aumône…

Et combien de louanges aussi !

Que la Paix soit avec vous.

 

 

Revisitez notre chronique ad hoc — http://catechese.canalblog.com/archives/2016/02/09/33345120.html

Careme-B

Le carême version 1924

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

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Le carême version 2017

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Mercredi-Cendres

 

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vendredi 24 février 2017

Une croix de cendres sur le front

 

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Prélude du Carême, la cérémonie des Cendres ne se prête pas à de longs développements dans les anciens manuels de catéchisme.

Les enfants retiendront que ce mercredi vraiment pas comme les autres les invitent, au fil d’une profonde méditation sur la mort, à la prière et à la pénitence. Parce qu’en ce jour, « Dieu tient cour plénière de pénitence, et tous ceux qui ont besoin de pardon peuvent venir. »

Certes cette cérémonie demeure, à travers les siècles, « une éloquente préparation à la pénitence quadragésimale ». Mais derrière ses airs de sombre mortification, n’éveille-t-elle pas notre âme à une sagesse douce et sereine ?

En communauté, nous les chrétiens venons ce soir-là proclamer que nous sommes formés de la même matière. Dès lors, nous subirons tous le même sort de la mort, quels que soient les biens, les honneurs, les mérites que nous aurons accumulés ici-bas. Ni privilège ni faveur, ni hiérarchie ni passe-droit, ni fortune ni trésor. En caressant notre front, la Croix de cendres nous marque du sceau de l’humilité révélée. Nous naissons tout nus et nous repartons dans ce même état de nature. L’égalité chrétienne vient là se rappeler à nous, dans son évidence comme dans sa radicalité.

L’égalité devant Dieu, quelle plus belle nouvelle !… Nouvelle quelque peu angoissante pour celles et ceux qui rêvent d’emporter leur magot au cimetière. Nouvelle apaisante pour les témoins du Christ, celles et ceux qui jouissent de la plus belle richesse, la Parole de Jésus.

 JG

Les cendres des rameaux de buis bénits

Le mercredi des Cendres, les fidèles reçoivent sur le front l’imposition d’un peu de cendres provenant des rameaux de buis bénits, pendant que le prêtre dit : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. »

Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

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Source : WALSH (M. Le Vicomte) — Tableau poétique des Fêtes chrétiennes (Paris, Librairie Blériot, nouvele édition, s.d.)

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Source : Catéchisme à l’usage des diocèses de France (Marseille, éditions Publiroc, illust. Jules BRETON, s.d.)

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Cendres-B02 

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

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Mercredi des cendres 2016

 

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jeudi 2 février 2017

Jésus est présenté au Temple

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La Présentation de Jésus au Temple, fêtée le 2 février, est abordée de façon très succincte dans les anciens manuels de catéchisme.

Si certains prennent soin d’exhorter les enfants à ranger la crèche de Noël en ce jour, la plupart sont assez avares de commentaires sur ce rite procédant de la Loi de Moïse, sans doute parce qu’il se dérobe à des explications simples, accessibles aux plus jeunes. Plutôt que se perdre en explications vétérotestamentaires, ils privilégient la portée prophétique du récit, autour du vieux Syméon et de la veuve Anne, deux personnages surgis de nulle part, assez mystérieux…

Quarante jours après sa naissance — donc avant la fuite en Égypte relatée par Matthieu —, Luc relate avec ses mots cette scène riche de symboles : la présentation de Jésus au Temple (2, 21-24), sous l’optique un rien moqueuse d’un judaïsme étriqué.

 Deux rites le même jour

Selon la tradition religieuse de l’époque (Lévitique, 12, 1-8), la naissance d’un enfant rend la femme rituellement impure. Ce rite de purification, lié à une offrande, suppose le sacrifice d’un agneau et d'une tourterelle ou une colombe. Accommodement du Temple à l’endroit des familles démunies : l’agneau peut être remplacé par une autre tourterelle ou une autre colombe. C’est là l’option de Marie, en humble mère qu’elle est.

Le récit de Luc enchâsse ce rite dans un autre, concomitant — la présentation de Jésus, nouveau né — sans s’appesantir sur la subtilité de la Loi de Moïse. Le rachat du premier-né n’exige point la présentation de l’enfant. Il requiert seulement le paiement de cinq sicles (Nombres, 3, 46). Verser moins reviendrait à reconnaître que ce « fils premier-né appartient » à Dieu (ex, 13, 2).

Autre liberté de plume : Luc donne l’impression d’associer la présentation de Jésus à l’offrande des « deux tourterelles ou petites colombes » alors que ce rite accompagne la purification, sans rapport aucun avec le rachat du premier-né.

Pourquoi Joseph et Marie prennent-ils le risque d’emmener l’Enfant à Jérusalem ? Tout bien réfléchi, ils ont bien conscience qu’ils ne sont pas des parents ordinaires : la naissance miraculeuse de Jésus suffirait à le « dispenser » de présentation, et la sainteté de Marie devrait la soustraire à toute obligation de purification.

S’ils consentent à se plier au rituel, sur le plan catéchétique, c’est pour porter témoignage d’une obéissance totale, en pleine harmonie avec leur humilité. Ainsi, nous-mêmes peinerons-nous à trouver des prétextes à nos moindres insoumissions…

Sur le plan religieux, Jésus et Marie produisent aussi un acte affirmatif valant proclamation publique. Comme s’en amusait Origène, qu’on n’aille pas dire ensuite que Jésus ne s’inscrivait pas dans le respect et la continuité de l’Ancien Testament.

Né sur le territoire du « peuple élu », Jésus, dès sa naissance, observe les prescriptions de la Loi de Moïse. Un juif comme les autres, parmi les autres… Même si sa divine mission le conduira à affirmer sa différence, avec plus ou moins de tact ! 

Deux prophètes le même jour

Autre référence à la vivante continuité de l’Ancien Testament : la soudaine intrusion de deux étranges vieillards lors de ce rituel familial.

Syméon le Juste, « divinement averti par l’Esprit saint », vient saluer l’enfant en proclamant qui IL est vraiment. Il prédit l’avenir de Jésus en restituant certains passages d’Ésaïe.

Anne la prophétesse surgit à son tour. Elle rend grâce à Dieu, comme une « voyante » troublée par un songe. Telle une pythie sur son trépied, elle « parlait à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. »

Syméon et Anne, sortis de nulle part, n’apparaissent dans l’Évangile qu’au moment de cette présentation au Temple. Ils ne sont ni disciples, ni mystiques, ni possédés. À eux deux, ils incarnent l’attente du Messie. L’Esprit saint a visité le cœur de deux vieillards, homme et femme, au crépuscule de leur vie. Assez facétieux l’Esprit saint : IL trouve en Syméon et Anne deux porte-voix quelque peu dérangeants pour les adorateurs zélés de la Loi de Moïse. Si pour le judaïsme de l’époque, le temps des prophètes est révolu, l’Esprit saint fait revivre ces figures dans le Nouveau Testament. Il a choisi des êtres humains pour parler du rôle rédempteur qui allait être celui de l’Enfant Jésus.

Augure d’allégresse ponctué d’un sombre présage, celui qui vient en une phrase sanglante bousculer la douceur sereine de cette présentation au Temple. « Et toi, ton âme sera traversée d’un glaive », annonce Syméon à Marie, sans précaution oratoire aucune. Prophète rabat-joie qui voit déjà la Passion à l’horizon. Nul doute qu’au pied de la Croix, Marie s’est souvenu du vieux Syméon. Impossible de le maudire puisque tout était vrai…

JG

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Source : Abbé L. de C. — Je crois en Dieu - L'enseignement religieux en 400 images (Paris, Librairie des Catéchismes, 1906)

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Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

§

Jour de la Chandeleur

L’Église catholique célèbre tous les ans, le 2 février, la fête de la Purification de la Vierge. « Quarante jours après la naissance du Christ, la Vierge vint au Temple présenter, pour sa purification, deux tourterelles et deux pigeons. » En ce jour, on faisait autrefois des processions avec des chandelles allumées, d’où le nom de la Chandeleur donné à cette fête.

Le pape Gélase, en 472, fit supprimer cette cérémonie. Néanmoins, le nom de Chandeleur est encore conservé dans nos campagnes.

Source : LÉVY (Albert) — La Légende des mois (Paris, Librairie Hachette et Cie, 1879)

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Source : QUÉNARD (Abbé J.B.) — Mon premier livre d’Histoire sainte (Paris, Librairie L’École, 1934, ilustr. René BESSON) 

 §

Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem

dimanche 8 janvier 2017

Parenthèse poétique (04)

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En écho à la Fête de l’Épiphanie, rendons un hommage furtif à José-Maria de Hérédia, poète parnassien injustement tombé dans l’oubli. Son poème dédié à cette fête puise dans la tradition pour mieux la rendre enchanteresse, à l’oreille des petits et des grands.

 

 Épiphanie

 

Donc, Balthazar, Melchior et Gaspar, les Rois Mages,

Chargés de nefs d’argent, de vermeil et d’émaux

Et suivis d’un très long cortège de chameaux,

S’avancent, tels qu’ils sont dans les vieilles images.

 

De l’Orient lointain, ils portent leurs hommages

Aux pieds du fils de Dieu, né pour guérir les maux

Que souffrent ici-bas l’homme et les animaux ;

Un page noir soutient leurs robes à ramages.

 

Sur le seuil de l’étable où veille saint Joseph,

Ils ôtent humblement la couronne du chef

Pour saluer l’enfant qui rit et les admire.

 

C’est ainsi qu’autrefois, sous Augustus Caesar,

Sont venus, présentant l’or, l’encens et la myrrhe,

Les rois Mages Gaspar, Melchior et Balthazar.

 

heredia

José-Maria de HÉRÉDIA.- Les trophées (Paris, Lemerre éditeur, 1893)

À propos de l'auteur, José-Maria de HÉRÉDIA, (1842-1905) Cf. le lien vers le site de l'Académie francaise — http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jose-maria-de-heredia?fauteuil=4&election=22-02-1894

 

En complément de la chronique que nous avions consacrée l’an dernier à l’Épiphanie — http://catechese.canalblog.com/archives/2016/01/03/33154794.html —, ajoutons les réponses érudites de Monseigneur Cauly aux trois questions-clefs que suggère cette fête de la manifestation de Dieu parmi nous.

  • Qu’est-ce que l’Épiphanie ?
  • Quelles sont les particularités liturgiques qui distinguent l’Épiphanie ?
  • Que faut-il faire pour célébrer dignement l’Épiphanie ?

Epiphanie-01

Epiphanie-02

Epiphanie-04

Epiphanie-03b

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

Epiphanie-05

vendredi 30 décembre 2016

"Que rien ne te trouble..."

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Les vieux manuels de catéchisme nous parlent assez peu des saints, et encore moins des saints mystiques. Profitons alors de notre crépuscule calendaire pour éclairer l’Année nouvelle à la lumière de Sainte-Thérèse d’Avila, vraie sainte parmi les femmes, vraie femme parmi les saintes, à qui ce site catéchétique voue une vénération toute particulière. Accueillons 2017 sous les paroles réconfortantes et lucides de la Santa. Soudain tout nous paraîtra plus doux, plus serein, plus sain. Tellement plus saint aussi !

JG

Souhaitons-nous

une belle et sereine année,

riche de louanges et de prières.

Que la Paix soit avec vous !

PAROLES —

Nada te turbe, nada te espante ;

quien a Dios tiene, nada le falta.

Nada te turbe, nada te espante ;

sólo Dios basta.

Solo verses :

Todo se pasa, Dios no se muda,

La paciencia todo lo alcanza.

En Cristo mi confianza,

y de Él solo mi asimiento ;

en sus cansancios mi aliento,

y en su imitación mi holganza.

Aquí estriba mi firmeza,

aquí mi seguridad,

la prueba de mi verdad,

la muestra de mi firmeza.

Ya no durmáis, no durmáis,

pues que no hay paz en la tierra.

No haya ningún cobarde,

aventuremos la vida.

No hay que temer, no durmáis,

aventuremos la vida.

Texte : Sainte-Thérèse d’Avila

Musique : Jacques Berthier 

 

TRADUCTION —

Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout.

Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit.

Élève ta pensée, monte au ciel, ne t’angoisse de rien, que rien ne te trouble.

Suis Jésus Christ d’un grand cœur, et quoi qu’il arrive, que rien ne t’effraie.

Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n’a rien de stable, tout passe.

Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas.

Aime-le comme il le mérite, bonté immense ; mais il n’y a pas d’amour de qualité sans la patience.

Que confiance et foi vive maintiennent l’âme, celui qui croit et espère obtient tout.

Même s’il se voit assailli par l’enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu.

Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien.

Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l’on vient à tout perdre, Dieu seul suffit.

Sainte Thérèse d’Avila

 

Ste

 « Il ne s’agit pas de craindre, mais de désirer. » Sainte-Thérèse d’Avila (Vie, 8,5)