Catéchèse

Le meilleur du "bon vieux caté"

Montmartre

Bienvenue sur CATÉCHÈSE, le site du « Caté à l’ancienne », là où les vieux manuels vous offrent le meilleur d’eux-mêmes pour explorer l’éducation religieuse de jadis.

Ce florilège des beaux livres de catéchisme s’attache à mettre en perspective textes et images, miroir d’une époque où l’enseignement n’avait pas recours à la photo, et encore moins à l’univers du multimédia.

Il porte un regard didactique sur l’histoire sainte, articulant observations et explications, rituel et vocabulaire, lectures et devoirs.

Il entretient surtout le souvenir d’une pédagogie active en parfaite harmonie avec l’idéal de la vie chrétienne, entre liturgie et prière, entre échange et transmission, entre discernement et méditation.

Ressources inépuisables de notre Église universelle, « une, sainte, catholique et apostolique. » Message inébranlable puisque depuis deux mille ans, l’Évangile est en marche…

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mardi 16 janvier 2018

Enquête sur la quête

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Dans la pédagogie de la messe, les manuels de catéchisme de jadis expliquent le moment de l’offertoire mais ne font jamais mention de la quête.

Même discrétion dans les supports contemporains d’information à l’endroit du casuel.

Dans son lexique, le site de la Conférence des Évêques de France livre une brève définition fonctionnelle de la quête, sans livrer le moindre éclairage liturgique.

À l’inverse, juste en quelques mots, le site de l’Église catholique de Paris insiste sur sa portée spirituelle : « C’est un signe de votre participation au Sacrifice du Christ ». Jusqu’à suggérer un modus a minima : « Combien donner ? 2 € peut être un minimum. Si vous le pouvez, donnez plus pour ceux qui ne peuvent pas donner beaucoup. » Étrange conception de la fraternité chrétienne, bien éloignée de la parabole de la pauvre veuve. Comme si, au nom de la solidarité, les fidèles devaient expier l’avarice de certains…

En quoi la quête est-elle un moment si particulier au cours de la messe ? Quels sont les rites immuables de cette curieuse chanson de gestes ? Que faut-il saisir, déduire, induire dans cette ambiance tintinnabulante si singulière ?

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Rares sont les chroniques osant explorer ces interrogations incidentes, moins anecdotiques qu’elles n’y paraissent dans la vie de nos communautés paroissiales. Rares sont les chrétiens à s’exprimer sur leur perception du casuel. Rares sont les opportunités de dialogue sur ce sujet plus ou moins tabou.

Alors lisez le texte ci-contre — Le moment de la quête, sous la lorgnette… — Et profitez-en, en toute liberté, pour nous raconter comment vous vivez la quête. Avec ou sans confidence. Avec ou sans pudeur. Avec ou sans humour.

Cf. ce document en format PDF Quete_FIP_14I2018

Source : Feuille d’Information Paroissiale, Saint-Pierre de Montmartre — 14 janvier 2018

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Source : La quête dominicale, in site paris-catholique.fr

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Source : La quête, in site eglise.catholique.fr

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Source — Diocèse d’Amiens — Premiers pas vers Jésus - Petit catéchisme (Bourges, éditions Tardy, 1948, Illustr. G. Sassier) 

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samedi 6 janvier 2018

Parenthèse poétique (10)

Rois

En s’appropriant librement le récit très fragmentaire de l’évangéliste Matthieu et la célèbre Légende dorée par laquelle, à la fin du XIIIe siècle, l’archevêque italien Jacques de Voragine perpétua la Tradition, les anciens manuels de catéchisme convergent tous, à quelques mots près, sur l’épisode de l’Adoration des rois mages, sans omettre d’évoquer la portée liturgique et théologique de la Manifestation du Verbe de vie à l’humanité tout entière.

Un secret bien partagé entre d’humbles bergers du coin et de mystérieux savants venus d’un lointain Orient. Le « Peuple élu », ses notables, prêtres et scribes, eux, ne sont pas mis dans la confidence. Parce qu’au regard de l’universalité du message, Dieu n’a que faire de la préséance.

D’âge en âge, la mystérieuse étoile qui guida les illustres visiteurs participe à prolonger la magie de Noël. Avec légèreté, sur un ton primesautier qui éveille en nous le parfum de l’aventure, Edmond Rostand prête atermoiement, perplexité et tergiversation aux Rois mages. Un texte délicieux qui habille ce rendez-vous divin d’une touchante humanité …

Les Rois Mages

Ils perdirent l'étoile, un soir ; pourquoi perd-on 
L'étoile ? Pour l'avoir parfois trop regardée, 
Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée, 
Tracèrent sur le sol des cercles au bâton. 

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton, 
Mais l'étoile avait fui, comme fuit une idée. 
Et ces hommes dont l'âme eût soif d'être guidée 
Pleurèrent, en dressant des tentes de coton. 

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres, 
Se dit « Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres, 
Il faut donner quand même à boire aux animaux. » 

Et, tandis qu'il tenait son seau d'eau par son anse, 
Dans l'humble rond de ciel où buvaient les chameaux
Il vit l'étoile d'or, qui dansait en silence.

Edmond ROSTAND (1868-1918)

Edmond-Rostand

Pour en savoir plsu sur l'auteur, suivre ce lien — 

http://www.edmond-rostand.com/vie.html

 

 

La Manifestation de Jésus-Christ aux Gentils

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Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué — dogme, morale, sacrements, culte — (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

Les trois particularités liturgiques de l’Épiphanie

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Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué — dogme, morale, sacrements, culte — (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

Pour célébrer dignement l’Épiphanie

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Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué — dogme, morale, sacrements, culte — (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

 

Epiphanie-01 

Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937) 

§

NB- Pour une autre évocation de l’Épiphanie, revisitez via ce lien notre précédente chronique — « Visionnaires, les rois mages »

http://catechese.canalblog.com/archives/2016/01/03/33154794.html

Source : Pierre Paolo PASOLINI — L'Évangile selon Saint Matthieu (1965)

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samedi 30 décembre 2017

Parenthèse poétique (09)

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En images beaucoup plus qu’en textes, les anciens manuels de catéchisme évoquent souvent la Sainte Famille pour représenter Jésus enfant, aidant Joseph à l’atelier sous le regard admiratif de Marie.

Dans un sonnet trop peu connu, le poète José-Maria de Heredia met en scène le dur métier de charpentier. La fatigue et la chaleur ont raison de son ardeur. « L’Apprenti divin », lui, met tout son cœur à l’ouvrage.

Tableau poétique où labeur et sérénité font cause commune pour dresser un portrait vivant du « Huchier de Nazareth ».

De belles émotions qu’il n’est plus permis d’ignorer au moment de fêter la Sainte Famille, le premier dimanche qui suit immédiatement la fête de Noël.

 

Sainte-Famille-

LE HUCHIER DE NAZARETH

 

Le bon maître huchier, pour finir un dressoir,

Courbé sur l’établi depuis l’aurore ahane,

Maniant tour à tour le rabot, le bédane

Et la râpe grinçante ou le dur polissoir.

 

Aussi, non sans plaisir, a-t-il vu, vers le soir,

S’allonger jusqu’au seuil l’ombre du grand platane

Où madame la Vierge et sa mère sainte Anne

Et Monseigneur Jésus près de lui vient s’asseoir.

 

L’air est brûlant et pas une feuille ne bouge ;

Et saint Joseph, très las, a laissé choir la gouge

En s’essuyant le front au coin du tablier ;

 

Mais l’Apprenti divin qu’une gloire enveloppe

Fait toujours, dans le fond obscur de l’atelier,

Voler les copeaux d’or au fil de sa varlope.

Source : José-Maria de HEREDIA — Les Trophées (Paris, Alphonse Lemerre éditeur, 1893)

 

Unknown

À propos de l’auteur, José-Maria de HEREDIA, (1842-1905), Cf. le lien vers le site de l’Académie française —

http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jose-maria-de-heredia?fauteuil=4&election=22-02-1894

 

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vendredi 22 décembre 2017

Dilemme à Bethléem

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Sur les circonstances de la Nativité, les manuels de catéchisme de jadis s’en tiennent à de courts récits, à l’appui des mêmes mots-clefs : crèche, dénuement, enfant, étable, fatigue, froid, gîte, grotte, humilité, langes, minuit, pauvreté, paille, refuge, voyage…

Un recoupement des textes permet de dégager quelques nuances narratives.  Emboitées les unes aux autres, elles peaufinent l’ambiance singulière de cette sainte nuit qui allait changer la face du monde.

De Nazareth à Bethléem — « Joseph, étant de la maison et de la famille de David, monta lui aussi de Nazareth, ville de Galilée, dans la ville de David, appelée Bethléem, en Judée, afin de s’y faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. »

Source : ECKER (J.) & GRIESBACH (J.) — Petite Bible illustrée des écoles - cours moyen (Paris, Établissements Casterman S.A., 1921)

Un voyage fatigant — « Joseph et Marie partirent sans murmurer. C’était un voyage de plus de cent kilomètres, fatigant pour Marie, qui bientôt devait être la mère de Jésus et aussi parce qu’on était dans les derniers jours de décembre. »

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938)

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Une arrivée tardive — « Il y avait déjà beaucoup de monde à Bethléem lorsqu’ils y arrivèrent. Et ils ne trouvèrent pas de place dans les hôtelleries. Ils furent donc obligés de se réfugier dans une pauvre étable pour y passer la nuit. Car c’était l’hiver, et il faisait très froid. »

Source : QUÉNARD (Abbé J.B.) — Mon premier livre d’Histoire sainte (Paris, Librairie L’École, 1934)

Tout est complet, partout — « Quand ils arrivèrent dans cette ville, l’unique caravansérail était si encombré que les deux voyageurs furent obligés, pour trouver un gîte, de se rendre dans une de ces nombreuses grottes qui abondent dans la région et qui servaient d’étables. »

Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

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Ici, on n’accueille pas les pauvres — « Il y avait tant de monde et les voyageurs paraissaient si pauvres qu’on refusa de les recevoir. Tout tristes, ils se dirigèrent vers la campagne. Ils aperçurent une grotte qui servait d’étable, et ils y entrèrent pour s’y reposer. » 

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938)

Né vers minuit — « C’est là que, le 25 décembre, vers minuit, la sainte Vierge donna naissance au sauveur du monde. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans la crèche de l’étable. »

Source : FATIEN (B.) — Livre unique d’Instruction religieuse (Paris, Librairie A. Hatier, 1929)

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Tout faible enfant — « La nuit se fit plus noire, et à minuit, Notre-Seigneur Jésus-Christ, el Fils de Dieu, le Fils de la Vierge Marie, vint au monde, tout pauvre, tout faible enfant. Lui qui était le Dieu tout puissant. »

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938)

Réchauffé par des animaux — « L’haleine des animaux, un bœuf et un âne, nous dit la tradition, réchauffa le nouveau-né. »

Source : FATIEN (B.) — Livre unique d’Instruction religieuse (Paris, Librairie A. Hatier, 1929)

Nativite-

Une mère admirative — « Marie fut réduite à le coucher sur de la paille, dans une crèche qui se trouvait là, le cœur navré, sans doute, d’un tel dénuement, mais admirant la leçon de pauvreté et d’humilité que nous donnait Jésus, à son entrée de ce monde. »

Source : ***— La Sainte Vierge - cours moyen (Paris, Librairie catholique Emmanuel Vitte, 2e édition, 1947)

C’était écrit — « Ainsi s’accomplissait la prophétie de Michée : De toi Bethléem doit sortir celui qui dominera Israël. »

Source : ERNY (Abbé J.) — Précis d’Histoire sainte - classes élémentaires (Toulouse, Librairie Louis Sistac, 70e mille, 1923)

Nativite-C

 §

 Autre ambiance, autre ton — Retrouvez notre précédente chronique sur le même thème

http://catechese.canalblog.com/archives/2016/12/25/34727599.html

 § 

 La Nativité (The Nativity Story) est un film chrétien réalisé par Catherine Hardwicke, sorti en 2006. Le film s'inspire principalement du Nouveau Testament. Scénarisé par Mike Rich, il raconte fidèlement l'épisode de la Nativité, de l'Annonciation à la fuite en Égypte. Nouvellement fiancée à Joseph, la jeune Marie reçoit en visite l'archange Gabriel, qui lui annonce qu'elle portera en son sein le fils de Dieu... (durée = 1H34)

Bethleem 

 CATÉCHÈSE

vous souhaite

une belle et sainte fête de la Nativité


lundi 18 décembre 2017

Parenthèse poétique (08)

Messe

Rares sont les manuels de catéchisme à la citer. Et pourtant la messe de minuit participe pour beaucoup à la magie de Noël.

Appel des cloches, paysage enneigé, procession nocturne, prières nourries d’Espérance autour de la Sainte Famille, joyeux réveillon à la lumière caressante des bougies, chaleur de l’âtre où brûle la grosse bûche : la veillée réchauffe les cœurs de son ambiance, de son folklore et de ses rites. En guise de parenthèse poétique, un auteur oublié de la Belle Époque évoque la beauté sentimentale de cette soirée pas comme les autres. Un regard d’enfant sur la nuit de Noël. Celui qui se dérobe à l’oubli. Celui qui illumine notre foi.

Une promenade dans la nuit

"Oh ! la nuit de Noël ! Elle ne peut jamais revenir sans me ramener tout un cortège d’évangéliques et lointaines réminiscences ! Souvenirs de première enfance, vagues et blancs comme les flocons de neige qui tombaient souvent ce soir-là sur le chemin conduisant de la maison paternelle à l’église de mon village. Pourtant, malgré la neige, on n’aurait pas manqué pour un empire la messe de minuit ; et surtout les plus jeunes se promettaient comme une fête et la promenade dans la nuit, et la cérémonie sous les cierges d’or.

Pour mieux se tenir éveillés, tous s’asseyaient rangés autour d’un bon feu, parents, enfants, domestiques ; et l’on égayait les heures, par quelque jeu en usage dans le pays pendant les longues soirées hivernales. C’était monotone, sans doute, mais innocent et patriarcal, tout à fait en harmonie avec la paix et la candeur qui semblaient neiger, cette nuit-là, et sur le sol et sur les âmes !"

Une lanterne à la main

"Puis quand se faisait entendre le son de la cloche grave et assez mélancolique — car, je m’en souviens parfaitement, la cloche de mon village n’était pas argentine, elle était plutôt pensive et triste —, tous se levaient, tous se dirigeaient du côté de l’église, une lanterne à la main, tous, excepté le père qui restait avec le chien pour garder la maison. La mère allait prier, le père veillait sur le nid.

Au retour, on réveillonnait simplement, rustiquement. J’ai fait des réveillons plus somptueux, je n’en ai pas fait de meilleurs. Quelque chose de bienheureux et de pur planait sur le foyer. Après la communion de quelques-uns à la table sainte, c’était la communion de tous à la table de famille…

Souvenirs chauds et profonds !

La nuit de Noël n’a pas ou n’a que peu de fleurs, mais elle a des ressouvenances. Les fleurs sont dans l’âme."

Émile TROLLIET — L’âme d’un résigné (Paris, Perrin, 1895)

Messe-Minuit

dimanche 10 décembre 2017

Assumons un Noël chrétien !

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D’hier ou d’aujourd’hui, le catéchisme a l’insigne mérite de nommer et expliquer les fêtes chrétiennes qui jalonnent le calendrier. Noël au premier chef. Alors même que « l’esprit du monde », tout acquis à l’œuvre de déchristianisation, s’emploie à séculariser le 25 décembre, jusqu’à le reléguer dans le bazar festif de la convivialité.

Test éloquent d’un monde en froid avec la dimension spirituelle de l’existence terrestre : sur votre ordinateur, ouvrez la page Google. Dans la fenêtre Recherche, entrez les mots : « Noël, fête de… ». Le mot Nativité n’apparaît pas dans le menu proposé !

L’an dernier déjà, une péripétie institutionnelle vint ponctuer cette sécularisation à marche forcée. L’inénarrable ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait souhaité de « bonnes vacances à tous les élèves et aux personnels de l’Éducation nationale », et conclut : « je vous souhaite de belles fêtes » en prenant soin d’oublier le mot Noël. Juste « pour faire genre » dans le tintamarre laïcard orchestré contre l’installation de crèches sur le domaine public.

Noël en fêtes, pour de faux ?

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Dans la novlangue de 2017, — celle qui décline la doxa bien-pensante du « vivre ensemble », — Noël devient à votre choix…

Une fête populaire qui cache son désenchantement autant dans la profusion des illuminations que dans l’hystérie consumériste, sous l’œil désabusé du Père Noël

Une fête de famille… ou de la famille, pour savourer la joie des retrouvailles entre générations. Trêve attendue au fil d’un compte-à-rebours, le « calendrier de l’Avent », censé apprendre la patience aux enfants jusqu’au jour où ils déballeront leurs cadeaux.

La fête de la lumière pour les intellos férus de culture antique. Dès le premier siècle à Rome, était célébré le culte de Mithra, importé de Perse par les légionnaires romains. Divinité de la lumière, elle symbolise le soleil invaincu (dies natalis solis invicti). En 274, l’empereur Aurélien érige ce culte en religion d’État et choisit le 25 décembre pour célébrer le solstice d’hiver.

La fête de l’amour, évoquant pêle-mêle fraternité, générosité, solidarité à l’endroit des plus démunis. Au nom d’un élan humaniste que la saison rude rend plus naturel, le mois de décembre est propice à conjuguer grandes causes nationales et mauvaise conscience collective.

La fête de la gourmandise, enfin, où les ripailles rivalisent de mets délicats et de vins fins. À consommer sans modération, bien sûr. Tant mieux pour le commerce.

Fête de Noël, pour de vrai !

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Et pourtant Noël procède bien d’une étymologie univoque. Du latin « natalis » ou relatif à la naissance, devenu Nael en ancien français. Puis Noel, suivi de l’apparition du tréma dans le courant du XVIIe siècle. Noël célèbre donc bien une naissance, la Nativité. Et pas n’importe laquelle ! Celle de Jésus, dont le nom — signifiant « Dieu sauve » — fut soufflé par un ange à Joseph. Une naissance opérée dans un complet dénuement, inversement proportionnelle à la Résurrection, événement qui scelle à jamais notre foi.

Et pourtant Noël réunit tous les chrétiens dans la ferveur d’une sainte nuit vraiment pas comme les autres, au cours de laquelle les mystères de l’incarnation et la Trinité  interrogent notre regard sur l’enfant Jésus, « conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie ».

Et pourtant, Noël demeure sous l’emprise de « l’esprit du monde » prompt à considérer les catholiques comme la tribu des « derniers Mohicans » — discrète, docile, marginalisée, résignée, timorée — aux fins de promouvoir un consensualisme festif affranchi de toute connotation religieuse. L’immanence triompherait ainsi de la transcendance. Les plaisirs matériels rendraient vaine la quête spirituelle. « S’éclater » serait plus épanouissant que se recueillir. Laïcité oblige, seul le sapin de Noël aurait droit de cité. Les « fêtes de fin d’années » auraient enfin raison de la Nativité.

Seul petit problème : la tribu catho résiste encore. Elle célèbre une fête chrétienne. Dans le sillage de saint Paul, elle n’a « point honte de l’Évangile » (Rom, 1 :16)… Et encore moins de Noël !

Redonnons tout son sens à Noël - Soutenons la mission de l'Église

Creche

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jeudi 7 décembre 2017

Parenthèse poétique (07)

 

Vierge-B

Le catéchisme peine parfois à avoir raison de la piété populaire. Exemple éponyme avec l’Immaculée Conception, dont le culte prête souvent à confusion avec la virginité de Marie.

Soucieux de la précision historique, les manuels de jadis veillent à la définir dans son fondement comme dans sa portée.

Profitons de cet éclairage pour ouvrir une parenthèse poétique — brève parenthèse en cette période de l’Avent — pour présenter une poésie méconnue sur la Vierge et revenir sur un magnifique texte de Paul Claudel, déjà présenté dans ces colonnes.

À MARIE

Quand ma voix aimante vous prie

À l’aurore, au déclin du jour,

Que vous demander, ô Marie !

À vous qui m’exaucez toujours ?

Faites que toujours je vous aime ;

Car votre amour est un trésor

Plus beau que la gloire elle-même,

Plus pur et plus riche que l’or.

P. RÉGNIER (1832-1856)

 

IC-Marie-B

Source : FATIEN (B.) — Livre unique d’Instruction religieuse (Paris, Librairie A. Hatier, 1929)

IC-Marie-A

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938, Illust. Pierre ROUSSEAU)

IC-Marie-C1

IC-Marie-C2

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

Paul Claudel — Je viens seulement, Mère, pour vous regarder ...

Suivre ce lien pour retrouver le TEXTE de cette poésie — http://catechese.canalblog.com/archives/2017/03/19/35069562.html

IC-Marie-D

« L’Immaculée Conception » — Madrid, Museo Nacional del Prado 

dimanche 3 décembre 2017

Et ne nos inducas...

Priere-04

Si le catéchisme veut vivre avec son temps, il doit  s’adapter à son époque. Exemple vivant avec la prière Notre Père, qui vient de connaître un précieux ajustement.

La nouvelle année liturgique, qu’inaugure le jour de l’Avent, fait jaser le clergé médiatique. Oui, « l’esprit du monde » qu’incarne le microcosme journalistique a aussi ses prêcheurs.

Une longue dépêche AFP du vendredi 1er décembre commente à sa façon le scoop ecclésial de l’année nouvelle : « Le Notre Père, la plus célèbre des prières chrétiennes, s'installe ce week-end dans les églises de France dans une version à peine retouchée mais qui a fait couler beaucoup d'encre, et même suscité un brin de polémique. »

« Beaucoup d’encre » ? « Brin de polémique » ? L’emphase est bienvenue quand il s’agit de faire le buzz. Changer un verbe dans une phrase, — fût-il utile à éclairer le sens d’une prière —, justifie-t-il de créer une tempête dans un verre d’eau ?

Alors voilà, le moment est enfin venu. À partir d’aujourd’hui, la « sixième demande » du Notre Père devient « Et ne nous laisse pas entrer en tentation »… Formulation plus explicite, moins ambigu surtout,  que la précédente : « Et ne nous soumets pas à la tentation ». Juste pour balayer l’idée farfelue selon laquelle Dieu ne résisterait pas au plaisir de nous exposer à la tentation. Il abuserait de notre faiblesse bien plus qu’il veillerait à nous protéger !

Un ajustement salutaire

Cet ajustement vint clore les querelles byzantines qui ont précédé cette réforme sémantique.

Avec plus ou moins d’ironie, certains commentateurs s’amusent à retracer l’histoire laborieuse jalonnant la nouvelle traduction du missel romain promise pour 2019. Ce travail méticuleux vient clore un autre chantier : la traduction intégrale de la Bible liturgique en français qui mobilisa, dix-sept ans durant, théologiens et exégètes sous l’égide des Conférences épiscopales francophones. 

D’autre commentateurs préfèrent s’épancher sur les errements de la formulation amendée — « et ne nous soumets pas à la tentation » — imputables à une traduction adoptée en 1966 pour satisfaire l’obsession œcuménique post-Vatican II. « Cette traduction n’était pas fausse, mais l’interprétation était ambiguë » concède le très diplomatique Mgr de Kerimel, président de la commission épiscopale pour la liturgie près  la Conférence des évêques de France (CEF). L’irénisme bienveillant d’hier ne serait-il plus à la page aujourd’hui ?

De toute évidence, l’Assemblée plénière des évêques de France, réunie à Lourdes en mars dernier, a voulu lever toute ambiguïté et revenir au bon sens fondateur de l’Église primitive. Sous l’inspiration de l’Esprit saint qui tient à nous rassurer sur l’infinité bonté de Dieu. Avec la sereine certitude que proféraient les premiers bâtisseurs de notre communauté ecclésiale.

Une précision nécessaire

« Dieu est inaccessible aux tentations du mal et il ne tente pas non plus. Mais chacun est tenté par son propre désir…», assène Jacques le Juste,  l’évêque de Jérusalem, dans son Épître (Jc 1, 13-14). Plus magnanime encore, dans sa Somme théologique, Saint Thomas d’Aquin fait œuvre de synthèse radicale : « Dieu n’est en aucune façon et sous aucun rapport cause du mal moral, ni directement indirectement. »

Alors qu’on se le dise, une bonne foi(s) pour toutes, Dieu ne nous oblige pas à subir la tentation. Il ne nous entraîne pas au mal. Tout le contraire, Dieu est protecteur bienveillant : il nous retient sans jamais nous provoquer.

Facétieuse histoire de l’Église : le catéchisme prêtait à confusion avec la version œcuménique de Vatican II. Aujourd’hui, avec sagesse,  il revient à la formulation du Pater Noster en latin. « Et ne nos inducas in tentationem ». Traduction du verbe inducare : conduire vers, faire entrer, amener à… « Et ne nous induis pas en tentation » devient à présent « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Précaution pédagogique fort pertinente. Puisque trop peu de chrétiens connaissent aujourd’hui le sens subtil du verbe induire. Preuve merveilleuse que l’Église sait s’adapter à sa vocation universelle !

Et-ne-nous

 Source : Diocèse d’Amiens — Premiers pas vers Jésus - Petit Catéchisme (Bourges, éditions Tardy, 1948, Illustr. G. Sassier)

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dimanche 22 octobre 2017

Évangélisation ou prosélytisme ?

 

Semaine-Mission-A

En clôture de la « Semaine Missionnaire Mondiale 2017 », — sous le thème « Ensemble, osons la Mission ! » — explorons les vieux manuels de catéchisme pour mesurer la place que la catéchèse réservait jadis à l’action pastorale.

Bredouille ! Aucun chapitre, aucune leçon, aucune page n’est consacrée à la pressante exhortation du Christ « Allez, de toutes les nations, faites mes disciples. » (Mat. 28, 16-40)

Pour la génération de nos aïeux, l’action pastorale ne semblait pas une nécessité impérieuse, à une époque où l’instruction religieuse relevait autant de la foi que de la culture nationale. La France, « fille aînée de l’Église », n’avait alors aucune raison de douter de l’enracinement de la Parole.

Rien de comparable aujourd’hui en ce début de XXIe siècle où l’Église s’emploie à hausser la voix et hisser les cœurs face aux défis de la déchristianisation.

Le pape François, qui ne manque jamais de taquiner les « chrétiens de salon », nous invite sans cesse, tous cathos que nous sommes, à « aller aux périphéries » pour clamer haut et fort sur les pas de saint Paul : « Je n’ai pas honte de l’Évangile » (Rm 1, 16)

« Aller aux périphéries » ? Derrière cet « élément de langage » ressemblant furieusement à un slogan — oui, l’Église sait (enfin) communiquer —, jaillit comme une envie d’audace contagieuse, face à « l’esprit du monde » qui cherche à nous cantonner gentiment dans le strict respect de la liberté religieuse de chacun. Au nom des trois axiomes que dictent les incantations au « vivre-ensemble ».

Axiome 1 : Les bigots de la laïcité ne manquent jamais de nous rappeler que depuis le siècle des Lumières, la religion n’est plus qu’une sous-culture, ennemie du « Progrès » et de la « Raison » : une « superstructure » qui ne saurait valoir mode de penser. Alors sommes-nous des arriérés ?

Axiome 2 : Jésus Christ Ressuscité est « trop clivant » pour être « séculier compatible » en notre temps où le relativisme prétend se porter garant d’un consensus apaisant. Et pourtant depuis deux mille ans, IL nous interroge : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Marc, 8, 27 :33) Nous, nous connaissons la réponse. Alors, face au dogme mou de la tolérance républicaine, sommes-nous des agitateurs ?

Axiome 3 : Les beaux esprits libres penseurs ne résistent pas au plaisir de nous culpabiliser dès que nous allons « aux périphéries » pour porter la Bonne Nouvelle. Entre évangélisation et prosélytisme, selon eux, la frontière est trop ténue, la nuance est trop subtile, la limite est vite franchie. Alors sommes-nous des illuminés ?

Parce qu’elle relèverait de la seule sphère privée, la foi n’aurait pas sa place sur l’espace public. Et la proclamer vaut blasphème républicain.

Si ce discours politiquement correct vous séduit, ne lisez surtout pas l’article qui suit.

Si cette doxa de la bien-pensance vous exaspère, lisez cet article, commentez-le et diffusez-le autour de vous, à celles et ceux qui n’osent pas porter partout les Paroles du Christ.

Et aussitôt, notre élan deviendra clameur : « Oui, n’ayons pas honte de l’Évangile ! » 

In corde Christi.

JG

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À LIRE ET À DIFFUSER Urbi et Orbi, bien sûr…

« Évangélisation ou prosélytisme ? Enfin la réponse ! »

Source : Bulletin d’Information Paroissiale de Saint-Pierre de Montmartre, 8 X 2017

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À (RE)DÉCOUVRIR, deux teasers évangélisateurs !

L'urgence est de l'annoncer !

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