Catéchèse

Le meilleur du "bon vieux caté"

Montmartre

Bienvenue sur CATÉCHÈSE, le site du « Caté à l’ancienne », là où les vieux manuels vous offrent le meilleur d’eux-mêmes pour explorer l’éducation religieuse de jadis.

Ce florilège des beaux livres de catéchisme s’attache à mettre en perspective textes et images, miroir d’une époque où l’enseignement n’avait pas recours à la photo, et encore moins à l’univers du multimédia.

Il porte un regard didactique sur l’histoire sainte, articulant observations et explications, rituel et vocabulaire, lectures et devoirs.

Il entretient surtout le souvenir d’une pédagogie active en parfaite harmonie avec l’idéal de la vie chrétienne, entre liturgie et prière, entre échange et transmission, entre discernement et méditation.

Ressources inépuisables de notre Église universelle, « une, sainte, catholique et apostolique. » Message inébranlable puisque depuis deux mille ans, l’Évangile est en marche…

Jesus-10


dimanche 22 octobre 2017

Évangélisation ou prosélytisme ?

 

Semaine-Mission-A

En clôture de la « Semaine Missionnaire Mondiale 2017 », — sous le thème « Ensemble, osons la Mission ! » — explorons les vieux manuels de catéchisme pour mesurer la place que la catéchèse réservait jadis à l’action pastorale.

Bredouille ! Aucun chapitre, aucune leçon, aucune page n’est consacrée à la pressante exhortation du Christ « Allez, de toutes les nations, faites mes disciples. » (Mat. 28, 16-40)

Pour la génération de nos aïeux, l’action pastorale ne semblait pas une nécessité impérieuse, à une époque où l’instruction religieuse relevait autant de la foi que de la culture nationale. La France, « fille aînée de l’Église », n’avait alors aucune raison de douter de l’enracinement de la Parole.

Rien de comparable aujourd’hui en ce début de XXIe siècle où l’Église s’emploie à hausser la voix et hisser les cœurs face aux défis de la déchristianisation.

Le pape François, qui ne manque jamais de taquiner les « chrétiens de salon », nous invite sans cesse, tous cathos que nous sommes, à « aller aux périphéries » pour clamer haut et fort sur les pas de saint Paul : « Je n’ai pas honte de l’Évangile » (Rm 1, 16)

« Aller aux périphéries » ? Derrière cet « élément de langage » ressemblant furieusement à un slogan — oui, l’Église sait (enfin) communiquer —, jaillit comme une envie d’audace contagieuse, face à « l’esprit du monde » qui cherche à nous cantonner gentiment dans le strict respect de la liberté religieuse de chacun. Au nom des trois axiomes que dictent les incantations au « vivre-ensemble ».

Axiome 1 : Les bigots de la laïcité ne manquent jamais de nous rappeler que depuis le siècle des Lumières, la religion n’est plus qu’une sous-culture, ennemie du « Progrès » et de la « Raison » : une « superstructure » qui ne saurait valoir mode de penser. Alors sommes-nous des arriérés ?

Axiome 2 : Jésus Christ Ressuscité est « trop clivant » pour être « séculier compatible » en notre temps où le relativisme prétend se porter garant d’un consensus apaisant. Et pourtant depuis deux mille ans, IL nous interroge : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Marc, 8, 27 :33) Nous, nous connaissons la réponse. Alors, face au dogme mou de la tolérance républicaine, sommes-nous des agitateurs ?

Axiome 3 : Les beaux esprits libres penseurs ne résistent pas au plaisir de nous culpabiliser dès que nous allons « aux périphéries » pour porter la Bonne Nouvelle. Entre évangélisation et prosélytisme, selon eux, la frontière est trop ténue, la nuance est trop subtile, la limite est vite franchie. Alors sommes-nous des illuminés ?

Parce qu’elle relèverait de la seule sphère privée, la foi n’aurait pas sa place sur l’espace public. Et la proclamer vaut blasphème républicain.

Si ce discours politiquement correct vous séduit, ne lisez surtout pas l’article qui suit.

Si cette doxa de la bien-pensance vous exaspère, lisez cet article, commentez-le et diffusez-le autour de vous, à celles et ceux qui n’osent pas porter partout les Paroles du Christ.

Et aussitôt, notre élan deviendra clameur : « Oui, n’ayons pas honte de l’Évangile ! » 

In corde Christi.

JG

 §

À LIRE ET À DIFFUSER Urbi et Orbi, bien sûr…

« Évangélisation ou prosélytisme ? Enfin la réponse ! »

Source : Bulletin d’Information Paroissiale de Saint-Pierre de Montmartre, 8 X 2017

Evangelisation_Proselytisme_08X17_A

 

À (RE)DÉCOUVRIR, deux teasers évangélisateurs !

L'urgence est de l'annoncer !

Semaine-Mission-B 

vendredi 11 août 2017

Imprimatur n°01

Vitte-AMettons à profit la trêve des vacances pour introduire sur ce site une nouvelle rubrique, en marge de la CATÉCHÈSE, permettant d’aborder les anciens manuels de catéchisme sous un angle éditorial, juste pour le plaisir d’explorer — et de comparer — les supports pédagogiques de jadis.

Imprimatur ? Le titre de ladite rubrique s’impose de bon cœur. Prétexte utile pour rappeler l’importance cruciale de cette autorisation officielle — imprimatur = « qu’il soit imprimé ! » —, tel un visa, que délivre l’Église catholique avant publication, attestant que ledit ouvrage ne contient « aucun élément contraire » à la foi, aux dogmes et à la morale catholique.

En clin d’œil à la fête de l’Assomption, consacrons notre première chronique à un manuel de circonstances, rare et peu connu :

Auteur anonyme — La Sainte Vierge (Lyon & Paris, Librairie catholique Emmanuel Vitte, collection Jeunesse, cours moyen, 2e édition, tirage 10.000 ex., 1947)

COUVERTURE —

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INCIPIT —

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TABLE DES MATIÈRES —

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DE BELLES IMAGES —

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DES FEUILLETS PARMI LES AUTRES —

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L’ambition de cette rubrique est d’éveiller votre curiosité, bien sûr. Dès lors, CATÉCHÈSE vous accorde « l’autorisation officielle » de livrer les commentaires et les questions que ce livre vous inspire.

Lien ad hoc pour tout savoir, ou presque, sur l’imprimatur —

Imprimatur - Wikipédia

L' imprimatur (littéralement : qu'il soit imprimé !) est une autorisation officielle de publier, donnée par une autorité de l' Église catholique. Elle est décrite dans le droit canonique, et donnée par l' ordinaire du lieu (l' évêque) où le livre est imprimé. Elle a pour origine la bulle pontificale Inter sollicitudines de 1515.

https://fr.wikipedia.org

Totus Tuus Maria...

Totus tuus,

Maria !

Gratia plena,

Dominus tecum !

Totus tuus,

Ora pro nobis,

Maria, Maria.

Vitte-G

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dimanche 6 août 2017

Les actes des Apôtres en série (TV)

E&K-A

Le mois d’août n’est pas un mois « ouvré » en matière de CATÉCHÈSE, trêve estivale oblige. Et pourtant combien de jours ne nous offre-t-il pas pour animer la flamme de notre foi ? Les fêtes de la Transfiguration et de l’Assomption ne sauraient passer inaperçues. Tout comme l’éphéméride des saints, — J.M. Vianney alias le curé d’Ars, Dominique, Claire, Hélène, Bernard, Barthélémy et Louis — vient jalonner de belles étapes de méditation.

La parenthèse des vacances n’est-elle pas aussi propice à (re)découvrir des représentations cinématographiques de l’histoire sainte, dans des registres injustement brocardés ?

Parmi les récentes réalisations susceptibles de nourrir notre foi,  la série A.D. KINGDOM & EMPIRE mérite, de toute évidence, une attention vraiment particulière.

Certes, les « beaux esprits cultureux » auront beau jeu de dénigrer les grosses ficelles du suspense qu’appelle un story-telling de 12 épisodes. Certes, certaines invraisemblances peuvent nous interroger — exemple : pourquoi l’apôtre Jean, fils de Zébédée, est-il noir ? —. Certes, l’intrigue s’autorise, pour les besoins du rythme et de la synthèse, de curieux raccourcis. Mais le résultat est là : aucune production cinématographique ne raconte aussi bien le périple tumultueux des apôtres au lendemain de la résurrection.

— Première vertu, historiographique : cette série reconstitue fort bien la tension explosive des pouvoirs en jeu, entre l’emprise spirituelle du Temple de Jérusalem et l’oppression militaire de la Pax Romana, toutes deux confrontées au terrorisme identitaire des Zélotes, au cœur d’une province de Judée ingouvernable, rebelle, et assez indifférente — pour ne pas dire méfiante — à l’égard du l’étrange message du prophète galiléen.

— Deuxième vertu, dramatique : les douze épisodes développent crescendo les rivalités et tensions qui surgissent entre les apôtres, nourries de craintes, de doutes, d’impatiences. Bien sûr que leur foi est mise à l’épreuve au fil des violentes persécutions. Mais leur pire ennemi s’avère bien la terrible part d’ombre de la nature humaine, entre méfiance et ressentiment. À cet égard, la conversion soudaine de Saul — de persécuteur cruel à prêcheur quelque peu « allumé » — ne vaut-elle pas autant d’admiration que de suspicion ? Assez de quoi semer la zizanie dans un cénacle où la Paix du Seigneur a parfois du mal à se faire entendre…

— Troisième vertu, prophétique : le scénario réserve une place de choix à l’intervention réelle de l’Esprit Saint comme à l’apparition effective des anges, accréditant les « réalités invisibles » de la foi, dans une mise en scène conjuguant éloquence, sobriété et émotion.

Loin d’un péplum bouffi de clichés, cette série illumine notre foi bien plus qu’elle l’interroge. Une vraie leçon de catéchisme en action, prouvant si besoin est que l’Évangile est une parole de feu qui ne s’accommodera jamais des discours à l’eau tiède.

JG

 NB – les 12 épisodes de série A.D. KINGDOM & EMPIRE sont à découvrir sur le site Netflix.

Les lois impitoyables de l’audimat américain ont hélas tranché : cette série en restera à la saison 1. La saison 2, bien que déjà écrite, ne sera pas produite. De fait, nous sommes un peu déçus d’une fin qui nous laisse sur notre faim…

Cf. un lien ad hoc vers une fiche d’accueil — 

A.D. Kingdom and Empire (2015) - Netflix France

Après la Crucifixion de Jésus, ses apôtres s'attachent à faire connaître son message, risquant ainsi leur liberté et à terme, leur vie.

http://www.allflicks.fr

E&K-B 

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jeudi 1 juin 2017

La Trinité au bout des doigts

 

hand-spinner

À l’approche de la Pentecôte, le mystère de la Trinité rejaillit dans les cœurs et se dérobe tout autant à la pédagogie. Les anciens manuels de catéchisme se satisfont de quelques images et ne s’y attardent pas. Délaissons alors cette sèche vacuité et explorons la piste d’un jouet en vogue pour (re)mettre en mouvement la puissante cybernétique liant le Père, le Fils et l'Esprit saint…

La soudaine invasion des hand spinner dans les cours d’école n’offrirait-elle pas une manne providentielle aux catéchistes ? Par le parallélisme des formes et l’analogie du mouvement rotatif, ce jouet étrange ne deviendrait-il pas un support ludique pour illustrer le dynamisme caché de notions jusqu’alors un peu trop statiques pour éclairer notre foi ?

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Première analogie, symbolique. Sous la forme d’une toupie à trois bras, — trouvant son équilibre dans la force centripète que dégage l’axe central monté sur un roulement à billes —, le hand spinner ressemble à s’y méprendre au « bouclier » de la Trinité, figure syncrétique offrant une représentation visuelle du Symbole d’Athanase*. Ce schéma triangulaire n’a d’autre ambition que de simplifier une réalité spirituelle aux dimensions infinies : le Père, le Fils et l’Esprit saint sont trois personnes distinctes tout en étant consubstantielles, c’est-à-dire procédant d’une même essence divine (ousia en grec) et reposant sur le même fondement (upostasis en grec).

Ainsi le hand spinner réalise la prouesse de rendre accessibles à tous des notions à la fois distinctes, subtiles et indissociables.

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Deuxième analogie, sémantique. L’axe central autour duquel les trois personnes de la Trinité gravitent, à égale distance, représente Dieu, alpha et omega, omniscient et omnipotent, « Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible ». Sa toute puissance s’exerce au bout du doigt — index levé vers le ciel — puisque le jouet repose là pour trouver l’équilibre dans sa vitesse de rotation.

Ainsi le hand spinner devient instrument inspiré de prières, permettant de puiser en lui le calme, l’application, la concentration qu’appelle le dialogue avec le Dieu.

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Troisième analogie, dynamique. En tournant sur lui-même, le hand spinner adopte aussitôt une forme circulaire, dans la fusion complète de ses trois bras. Au bout du doigt, n’apparaît plus qu’un seul disque, uniforme et univoque. Preuve manifeste dans cette virevolte : la divinité n’est pas séparable en trois, elle réside en un seul Être, dans un mouvement simultané d’amour unissant les trois personnes de la Trinité. « Clin Dieu » de circonstance : en terme savant, ce mouvement d’amour s’appelle périchorèse, — du grec périchorèsis —, signifiant rotation. Rotation incessante par laquelle le Père engendre le Fils dans l’Esprit.

Dans cet élan perpétuel de l’amour vivant — où tout est équilibre et harmonie —, le Père, le Fils et l’Esprit saint ne « forment » qu’un seul et même Dieu.

Ainsi le hand spinner dévoile les ressorts de la Trinité en action. Mieux encore, en tournant sur le bout du doigt, il libère sur un même axe, au même endroit, au même au moment, une force insoupçonnable, celle que la prière porte en notre cœur.

Autre temps, autres mœurs ? Au Ve siècle de notre ère, lors son périple pastoral dans les fins fonds des landes irlandaises, saint Patrick eut l’astuce d’utiliser le trèfle pour « pédagogiser » la Trinité. En notre XXIe siècle fasciné par les gadgets, pourquoi le hand spinner n’accèderait-il pas au statut de jouet spirituel ? Comme tel, il mériterait toute sa place dans l’éducation religieuse, à condition de le faire tourner, tourner encore, tourner toujours pour que la Trinité ne soit plus un mystère !

 §§§

*NB- Le Symbole d'Athanase fut attribué sans preuve à Athanase d'Alexandrie, sur la seule allégation de saint Césaire d’Arles qui fut le premier à le citer.

Diffusé dès le début du VIe siècle en Gaule méridionale, composé en latin, la tradition lui préférera le nom de Quicumque, titre empruntant les premiers mots dudit texte. Ce Symbole conquit sa notoriété au fil de son usage en Orient avant que le Symbole de Nicée-Constantinople ne fasse autorité au cours du même VIe siècle.

L’image du bouclier de la Trinité procède de la ferme volonté de « tenir la foi catholique » pour être sauvé. Le bouclier arme et protège à la fois. Église et chevalerie font alors cause commune.

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Le « bouclier » ou « écusson » de la Trinité : une représentation visuelle du Symbole d’Athanase.

Extrait (éloquent) de Symbole d’Athanase —

« Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité.

Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté.  

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs. »

§§§ 

Cf. aussi notre précédente chronique sur le sujet  — La Sainte Trinité, un mystère équilatéral ? — via le lien suivant : http://catechese.canalblog.com/archives/2016/05/20/33841368.html

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dimanche 9 avril 2017

Sainte semaine de méditation

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Dans le texte comme par l’image, les anciens manuels de catéchisme donne le ton de la Semaine sainte : « vivre avec la pensée de la mort de Jésus ». Seule nuance au tableau : le Dimanche des Rameaux qui en est le prélude.

Ce « beau dimanche qu’on appelle aussi Pâques fleuries » ne mêle-t-il pas étrangement allégresse et tristesse ? Juché sur une ânesse, Jésus entre dans Jérusalem sous les acclamations d’une foule enthousiaste. La bénédiction des Rameaux évoque ce moment de liesse.

La liturgie de la Parole se concentre quant à elle sur le récit de la Passion. Pour rappeler que la joie cède vite la place aux larmes. Pour introduire le mystère de la Rédemption : « ce n’est point pour Jésus un triomphe sans mélange, il n’est qu’une victime ornée marchant au sacrifice. » Pour nous suggérer enfin que les clameurs « Hosanna au plus haut des Cieux » et les vociférations « À mort ! À mort ! » sont prononcées sans doute par les mêmes esprits échauffés, tour-à-tour louangeurs et persécuteurs. Spectacle pathétique d’un peuple versatile, en proie à un panurgisme mortifère qui abolit tout discernement.

Méditer seul, en son for intérieur, face au Christ en souffrances, loin des émotions populaires, loin des mouvements de foule, loin des pulsions grégaires, n’est-ce pas là que jaillit la puissance vertueuse de la Semaine sainte ? N’est-ce pas là le moment d’expier par la prière les vils instincts de notre condition humaine ? N’est-ce pas aussi une grâce qui nous est offerte, dans un paradoxe poignant de miséricorde ? Celle d’accéder à la bonté de Dieu alors même que Dieu cède aux pires cruautés infligées à son Fils sacrifié.

JG

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« Frapper trois fois la porte de l’église avec le pied de la Croix » : un rite oublié lors de la procession de bénédiction des Rameaux.

Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

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Les particularités liturgiques de la Semaine sainte.

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

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 L’Office des Ténèbres : quinze cierges placés devant l’autel.

Source : Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

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Un exercice de la Semaine sainte : « regardez la Croix ! »

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938, Illust. Pierre ROUSSEAU)

Semaine-Ste-H 

Source : PRIGENT (Chanoine) — Mon catéchisme illustré - cours moyen et supérieur (Paris, Libraire Saint-Joseph, s.d.)

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mardi 4 avril 2017

Parenthèse poétique (06)

Confessionnal-X

Elle nous pose souvent « un cas », plus ou moins pressant. Elle nous inflige parfois « un examen », plus ou moins douloureux.

La conscience est cette petite voix intérieure dont se font écho les manuels de catéchisme tout particulièrement à l’approche de la semaine sainte, puisque le sacrement de pénitence nous invite à ouvrir notre cœur, dans un dialogue intime, franc et direct avec Jésus.

Dans un poème épuré de toute religiosité, le conteur provençal Jean Aicard explique aux enfants les vertus expiatrices de la conscience, qu’il suffit d’écouter pour être apaisé.

Ainsi statue notre for intérieur, ce tribunal de l’âme qui n’est pas avare de témoignages avant de livrer son jugement. Il approuve les bonnes actions, condamne les mauvaises. Il nous aide surtout à mettre en éveil nos instincts bienveillants et désintéressés. Tout ce que l’Esprit saint n’oublie jamais de nous souffler, dans le secret de la confession et dans le recueillement de la prière.

JG

Ma conscience

On sait toujours quand on fait bien,

Jean, une voix parle en toi-même,

C’est la voix de quelqu’un qui t’aime,

Car son bon conseil, c’est le tien.

 

Écoute-la, la voix secrète,

Mon fils, la voix du bon conseil :

Elle veille dans ton sommeil

Et partout, elle est toujours prête.

 

Sais-tu, Jean, quelle est cette voix

Qui te félicite ou te gronde ?

Qui parle au cœur de tout le monde,

Qui, dans la nuit, dit : « Je vous vois ! »

 

C’est « Conscience » qu’on la nomme

C’est l’écho, dans nos cœurs resté,

D’un conseil souvent répété

De notre père, en honnête homme.

 

C’est un cri de mère à genoux,

Nous suppliant de rester sages !...

La conscience a les visages

De nos pères vivants en nous.

 

C’est le souvenir d’un bon livre,

Expérience d’un ancien,

Et qui nous dit que « faire bien »

C’est avoir du bonheur à vivre.

 

Jean AICARD — Livre des Petits (Paris, Ch. Delagrave, 1886)

 

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À propos de l'auteur, Jean AICARD, (1848-1921) Cf. le lien vers un site ad hoc

http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jean-aicard

 

 

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dimanche 19 mars 2017

Parenthèse poétique (05)

Marie-02

Aujourd’hui comme hier, les manuels de catéchisme puisent trop peu dans la poésie alors que ce genre littéraire a le don d’émouvoir les enfants, d’éveiller leur sensibilité en révélant la ferveur d’une foi incarnée.

Preuve manifeste au fil de « La Vierge à midi », un célèbre texte de Paul Claudel qui a le génie de mettre une prière en vers et de glisser de la poésie dans une oraison intime.

Prière saisissante dans son dépouillement : une petite église, une statue de la Vierge Marie, un long silence qui en dit beaucoup plus qu’un beau chapelet.

Prière poignante dans son recueillement : une prière apaisée qui n’implore ni grâce ni secours, un regard affectueux sur la Vierge Marie, des vers harmonieux, purs et simples, tel un cantique, de ces cantiques grégoriens dont la mélodie donne des ailes à la prière.

Ainsi le chrétien laisse-t-il parler son cœur. Son âme contemple Marie, admire sa beauté, loue les dons qu’elle a reçus de Dieu. Douce contemplation qui exhausse la prière à son plus haut degré, celui du plus beau lâcher-prise chrétien.

En résonance comme en émoi, la rencontre caniculaire de Jésus avec la Samaritaine — Jean, 4, 5-42, évangile de ce 3e dimanche de Carême — se prête à une méditation tout aussi profonde. Dialogue entre deux assoiffés autour du puits de Jacob. Jésus tire la langue : IL n’a rien pour puiser l’eau qui pourrait le désaltérer. La femme, elle, a l’outil adéquat mais elle a soif d’une eau vive « jaillissant pour la vie éternelle. » Réciprocité salutaire : Jésus étanche sa soif et la femme trouve la réponse qu’elle n’espérait plus. Juste quelques minutes d’un faux quiproquo avant que la méfiante femme ne se transforme en ardente apôtre dans son village !

Une belle aventure accessible à nous autres chrétiens, dans notre siècle tout aussi sec que la désertique Samarie, pour peu que nous sachions laisser parler notre cœur, dans le dialogue silencieux de la prière…

JG

§ 

La Vierge à midi

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.

Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n’ai rien à offrir et rien à demander.

Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder pleurer, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.

Midi.

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu’on a le cœur trop plein.

Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

La femme dans la Grâce enfin restituée,

La créature dans son bonheur premier et dans son épanouissement final.

Telle qu’est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

 

Claudel

Source : Paul CLAUDEL — Écoute ma fille (Gallimard éditions, 1934)

À propos de l'auteur, Paul CLAUDEL, (1868-1955) Cf. le lien vers un site ad hoc

http://www.paul-claudel.net

 

 

 

Cierges

La Samaritaine et le don de « l’Eau vive »

« Si tu connaissais le don de Dieu… » (Jean 4, 10)

 

mercredi 1 mars 2017

En route vers le désert

Royaume-Dieu

Saint Carême à toutes et à tous,

Sur le chemin de la Résurrection.

Prière, jeûne, aumône…

Et combien de louanges aussi !

Que la Paix soit avec vous.

 

 

Revisitez notre chronique ad hoc — http://catechese.canalblog.com/archives/2016/02/09/33345120.html

Careme-B

Le carême version 1924

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

§

Le carême version 2017

§

Mercredi-Cendres

 

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vendredi 24 février 2017

Une croix de cendres sur le front

 

Priere-01

Prélude du Carême, la cérémonie des Cendres ne se prête pas à de longs développements dans les anciens manuels de catéchisme.

Les enfants retiendront que ce mercredi vraiment pas comme les autres les invitent, au fil d’une profonde méditation sur la mort, à la prière et à la pénitence. Parce qu’en ce jour, « Dieu tient cour plénière de pénitence, et tous ceux qui ont besoin de pardon peuvent venir. »

Certes cette cérémonie demeure, à travers les siècles, « une éloquente préparation à la pénitence quadragésimale ». Mais derrière ses airs de sombre mortification, n’éveille-t-elle pas notre âme à une sagesse douce et sereine ?

En communauté, nous les chrétiens venons ce soir-là proclamer que nous sommes formés de la même matière. Dès lors, nous subirons tous le même sort de la mort, quels que soient les biens, les honneurs, les mérites que nous aurons accumulés ici-bas. Ni privilège ni faveur, ni hiérarchie ni passe-droit, ni fortune ni trésor. En caressant notre front, la Croix de cendres nous marque du sceau de l’humilité révélée. Nous naissons tout nus et nous repartons dans ce même état de nature. L’égalité chrétienne vient là se rappeler à nous, dans son évidence comme dans sa radicalité.

L’égalité devant Dieu, quelle plus belle nouvelle !… Nouvelle quelque peu angoissante pour celles et ceux qui rêvent d’emporter leur magot au cimetière. Nouvelle apaisante pour les témoins du Christ, celles et ceux qui jouissent de la plus belle richesse, la Parole de Jésus.

 JG

Les cendres des rameaux de buis bénits

Le mercredi des Cendres, les fidèles reçoivent sur le front l’imposition d’un peu de cendres provenant des rameaux de buis bénits, pendant que le prêtre dit : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. »

Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

Cendres-A

Source : WALSH (M. Le Vicomte) — Tableau poétique des Fêtes chrétiennes (Paris, Librairie Blériot, nouvele édition, s.d.)

Priere-02 

Source : Catéchisme à l’usage des diocèses de France (Marseille, éditions Publiroc, illust. Jules BRETON, s.d.)

Cendres-B01

Cendres-B02 

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

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Mercredi des cendres 2016

 

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