Catéchèse

Le meilleur du "bon vieux caté"

Montmartre

Bienvenue sur CATÉCHÈSE, le site du « Caté à l’ancienne », là où les vieux manuels vous offrent le meilleur d’eux-mêmes pour explorer l’éducation religieuse de jadis.

Ce florilège des beaux livres de catéchisme s’attache à mettre en perspective textes et images, miroir d’une époque où l’enseignement n’avait pas recours à la photo, et encore moins à l’univers du multimédia.

Il porte un regard didactique sur l’histoire sainte, articulant observations et explications, rituel et vocabulaire, lectures et devoirs.

Il entretient surtout le souvenir d’une pédagogie active en parfaite harmonie avec l’idéal de la vie chrétienne, entre liturgie et prière, entre échange et transmission, entre discernement et méditation.

Ressources inépuisables de notre Église universelle, « une, sainte, catholique et apostolique. » Message inébranlable puisque depuis deux mille ans, l’Évangile est en marche…

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dimanche 10 décembre 2017

Assumons un Noël chrétien !

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D’hier ou d’aujourd’hui, le catéchisme a l’insigne mérite de nommer et expliquer les fêtes chrétiennes qui jalonnent le calendrier. Noël au premier chef. Alors même que « l’esprit du monde », tout acquis à l’œuvre de déchristianisation, s’emploie à séculariser le 25 décembre, jusqu’à le reléguer dans le bazar festif de la convivialité.

Test éloquent d’un monde en froid avec la dimension spirituelle de l’existence terrestre : sur votre ordinateur, ouvrez la page Google. Dans la fenêtre Recherche, entrez les mots : « Noël, fête de… ». Le mot Nativité n’apparaît pas dans le menu proposé !

L’an dernier déjà, une péripétie institutionnelle vint ponctuer cette sécularisation à marche forcée. L’inénarrable ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait souhaité de « bonnes vacances à tous les élèves et aux personnels de l’Éducation nationale », et conclut : « je vous souhaite de belles fêtes » en prenant soin d’oublier le mot Noël. Juste « pour faire genre » dans le tintamarre laïcard orchestré contre l’installation de crèches sur le domaine public.

Noël en fêtes, pour de faux ?

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Dans la novlangue de 2017, — celle qui décline la doxa bien-pensante du « vivre ensemble », — Noël devient à votre choix…

Une fête populaire qui cache son désenchantement autant dans la profusion des illuminations que dans l’hystérie consumériste, sous l’œil désabusé du Père Noël

Une fête de famille… ou de la famille, pour savourer la joie des retrouvailles entre générations. Trêve attendue au fil d’un compte-à-rebours, le « calendrier de l’Avent », censé apprendre la patience aux enfants jusqu’au jour où ils déballeront leurs cadeaux.

La fête de la lumière pour les intellos férus de culture antique. Dès le premier siècle à Rome, était célébré le culte de Mithra, importé de Perse par les légionnaires romains. Divinité de la lumière, elle symbolise le soleil invaincu (dies natalis solis invicti). En 274, l’empereur Aurélien érige ce culte en religion d’État et choisit le 25 décembre pour célébrer le solstice d’hiver.

La fête de l’amour, évoquant pêle-mêle fraternité, générosité, solidarité à l’endroit des plus démunis. Au nom d’un élan humaniste que la saison rude rend plus naturel, le mois de décembre est propice à conjuguer grandes causes nationales et mauvaise conscience collective.

La fête de la gourmandise, enfin, où les ripailles rivalisent de mets délicats et de vins fins. À consommer sans modération, bien sûr. Tant mieux pour le commerce.

Fête de Noël, pour de vrai !

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Et pourtant Noël procède bien d’une étymologie univoque. Du latin « natalis » ou relatif à la naissance, devenu Nael en ancien français. Puis Noel, suivi de l’apparition du tréma dans le courant du XVIIe siècle. Noël célèbre donc bien une naissance, la Nativité. Et pas n’importe laquelle ! Celle de Jésus, dont le nom — signifiant « Dieu sauve » — fut soufflé par un ange à Joseph. Une naissance opérée dans un complet dénuement, inversement proportionnelle à la Résurrection, événement qui scelle à jamais notre foi.

Et pourtant Noël réunit tous les chrétiens dans la ferveur d’une sainte nuit vraiment pas comme les autres, au cours de laquelle les mystères de l’incarnation et la Trinité  interrogent notre regard sur l’enfant Jésus, « conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie ».

Et pourtant, Noël demeure sous l’emprise de « l’esprit du monde » prompt à considérer les catholiques comme la tribu des « derniers Mohicans » — discrète, docile, marginalisée, résignée, timorée — aux fins de promouvoir un consensualisme festif affranchi de toute connotation religieuse. L’immanence triompherait ainsi de la transcendance. Les plaisirs matériels rendraient vaine la quête spirituelle. « S’éclater » serait plus épanouissant que se recueillir. Laïcité oblige, seul le sapin de Noël aurait droit de cité. Les « fêtes de fin d’années » auraient enfin raison de la Nativité.

Seul petit problème : la tribu catho résiste encore. Elle célèbre une fête chrétienne. Dans le sillage de saint Paul, elle n’a « point honte de l’Évangile » (Rom, 1 :16)… Et encore moins de Noël !

Redonnons tout son sens à Noël - Soutenons la mission de l'Église

Creche

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jeudi 7 décembre 2017

Parenthèse poétique (07)

 

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Le catéchisme peine parfois à avoir raison de la piété populaire. Exemple éponyme avec l’Immaculée Conception, dont le culte prête souvent à confusion avec la virginité de Marie.

Soucieux de la précision historique, les manuels de jadis veillent à la définir dans son fondement comme dans sa portée.

Profitons de cet éclairage pour ouvrir une parenthèse poétique — brève parenthèse en cette période de l’Avent — pour présenter une poésie méconnue sur la Vierge et revenir sur un magnifique texte de Paul Claudel, déjà présenté dans ces colonnes.

À MARIE

Quand ma voix aimante vous prie

À l’aurore, au déclin du jour,

Que vous demander, ô Marie !

À vous qui m’exaucez toujours ?

Faites que toujours je vous aime ;

Car votre amour est un trésor

Plus beau que la gloire elle-même,

Plus pur et plus riche que l’or.

P. RÉGNIER (1832-1856)

 

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Source : FATIEN (B.) — Livre unique d’Instruction religieuse (Paris, Librairie A. Hatier, 1929)

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Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938, Illust. Pierre ROUSSEAU)

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Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

Paul Claudel — Je viens seulement, Mère, pour vous regarder ...

Suivre ce lien pour retrouver le TEXTE de cette poésie — http://catechese.canalblog.com/archives/2017/03/19/35069562.html

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« L’Immaculée Conception » — Madrid, Museo Nacional del Prado 

dimanche 3 décembre 2017

Et ne nos inducas...

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Si le catéchisme veut vivre avec son temps, il doit  s’adapter à son époque. Exemple vivant avec la prière Notre Père, qui vient de connaître un précieux ajustement.

La nouvelle année liturgique, qu’inaugure le jour de l’Avent, fait jaser le clergé médiatique. Oui, « l’esprit du monde » qu’incarne le microcosme journalistique a aussi ses prêcheurs.

Une longue dépêche AFP du vendredi 1er décembre commente à sa façon le scoop ecclésial de l’année nouvelle : « Le Notre Père, la plus célèbre des prières chrétiennes, s'installe ce week-end dans les églises de France dans une version à peine retouchée mais qui a fait couler beaucoup d'encre, et même suscité un brin de polémique. »

« Beaucoup d’encre » ? « Brin de polémique » ? L’emphase est bienvenue quand il s’agit de faire le buzz. Changer un verbe dans une phrase, — fût-il utile à éclairer le sens d’une prière —, justifie-t-il de créer une tempête dans un verre d’eau ?

Alors voilà, le moment est enfin venu. À partir d’aujourd’hui, la « sixième demande » du Notre Père devient « Et ne nous laisse pas entrer en tentation »… Formulation plus explicite, moins ambigu surtout,  que la précédente : « Et ne nous soumets pas à la tentation ». Juste pour balayer l’idée farfelue selon laquelle Dieu ne résisterait pas au plaisir de nous exposer à la tentation. Il abuserait de notre faiblesse bien plus qu’il veillerait à nous protéger !

Un ajustement salutaire

Cet ajustement vint clore les querelles byzantines qui ont précédé cette réforme sémantique.

Avec plus ou moins d’ironie, certains commentateurs s’amusent à retracer l’histoire laborieuse jalonnant la nouvelle traduction du missel romain promise pour 2019. Ce travail méticuleux vient clore un autre chantier : la traduction intégrale de la Bible liturgique en français qui mobilisa, dix-sept ans durant, théologiens et exégètes sous l’égide des Conférences épiscopales francophones. 

D’autre commentateurs préfèrent s’épancher sur les errements de la formulation amendée — « et ne nous soumets pas à la tentation » — imputables à une traduction adoptée en 1966 pour satisfaire l’obsession œcuménique post-Vatican II. « Cette traduction n’était pas fausse, mais l’interprétation était ambiguë » concède le très diplomatique Mgr de Kerimel, président de la commission épiscopale pour la liturgie près  la Conférence des évêques de France (CEF). L’irénisme bienveillant d’hier ne serait-il plus à la page aujourd’hui ?

De toute évidence, l’Assemblée plénière des évêques de France, réunie à Lourdes en mars dernier, a voulu lever toute ambiguïté et revenir au bon sens fondateur de l’Église primitive. Sous l’inspiration de l’Esprit saint qui tient à nous rassurer sur l’infinité bonté de Dieu. Avec la sereine certitude que proféraient les premiers bâtisseurs de notre communauté ecclésiale.

Une précision nécessaire

« Dieu est inaccessible aux tentations du mal et il ne tente pas non plus. Mais chacun est tenté par son propre désir…», assène Jacques le Juste,  l’évêque de Jérusalem, dans son Épître (Jc 1, 13-14). Plus magnanime encore, dans sa Somme théologique, Saint Thomas d’Aquin fait œuvre de synthèse radicale : « Dieu n’est en aucune façon et sous aucun rapport cause du mal moral, ni directement indirectement. »

Alors qu’on se le dise, une bonne foi(s) pour toutes, Dieu ne nous oblige pas à subir la tentation. Il ne nous entraîne pas au mal. Tout le contraire, Dieu est protecteur bienveillant : il nous retient sans jamais nous provoquer.

Facétieuse histoire de l’Église : le catéchisme prêtait à confusion avec la version œcuménique de Vatican II. Aujourd’hui, avec sagesse,  il revient à la formulation du Pater Noster en latin. « Et ne nos inducas in tentationem ». Traduction du verbe inducare : conduire vers, faire entrer, amener à… « Et ne nous induis pas en tentation » devient à présent « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Précaution pédagogique fort pertinente. Puisque trop peu de chrétiens connaissent aujourd’hui le sens subtil du verbe induire. Preuve merveilleuse que l’Église sait s’adapter à sa vocation universelle !

Et-ne-nous

 Source : Diocèse d’Amiens — Premiers pas vers Jésus - Petit Catéchisme (Bourges, éditions Tardy, 1948, Illustr. G. Sassier)

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dimanche 22 octobre 2017

Évangélisation ou prosélytisme ?

 

Semaine-Mission-A

En clôture de la « Semaine Missionnaire Mondiale 2017 », — sous le thème « Ensemble, osons la Mission ! » — explorons les vieux manuels de catéchisme pour mesurer la place que la catéchèse réservait jadis à l’action pastorale.

Bredouille ! Aucun chapitre, aucune leçon, aucune page n’est consacrée à la pressante exhortation du Christ « Allez, de toutes les nations, faites mes disciples. » (Mat. 28, 16-40)

Pour la génération de nos aïeux, l’action pastorale ne semblait pas une nécessité impérieuse, à une époque où l’instruction religieuse relevait autant de la foi que de la culture nationale. La France, « fille aînée de l’Église », n’avait alors aucune raison de douter de l’enracinement de la Parole.

Rien de comparable aujourd’hui en ce début de XXIe siècle où l’Église s’emploie à hausser la voix et hisser les cœurs face aux défis de la déchristianisation.

Le pape François, qui ne manque jamais de taquiner les « chrétiens de salon », nous invite sans cesse, tous cathos que nous sommes, à « aller aux périphéries » pour clamer haut et fort sur les pas de saint Paul : « Je n’ai pas honte de l’Évangile » (Rm 1, 16)

« Aller aux périphéries » ? Derrière cet « élément de langage » ressemblant furieusement à un slogan — oui, l’Église sait (enfin) communiquer —, jaillit comme une envie d’audace contagieuse, face à « l’esprit du monde » qui cherche à nous cantonner gentiment dans le strict respect de la liberté religieuse de chacun. Au nom des trois axiomes que dictent les incantations au « vivre-ensemble ».

Axiome 1 : Les bigots de la laïcité ne manquent jamais de nous rappeler que depuis le siècle des Lumières, la religion n’est plus qu’une sous-culture, ennemie du « Progrès » et de la « Raison » : une « superstructure » qui ne saurait valoir mode de penser. Alors sommes-nous des arriérés ?

Axiome 2 : Jésus Christ Ressuscité est « trop clivant » pour être « séculier compatible » en notre temps où le relativisme prétend se porter garant d’un consensus apaisant. Et pourtant depuis deux mille ans, IL nous interroge : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Marc, 8, 27 :33) Nous, nous connaissons la réponse. Alors, face au dogme mou de la tolérance républicaine, sommes-nous des agitateurs ?

Axiome 3 : Les beaux esprits libres penseurs ne résistent pas au plaisir de nous culpabiliser dès que nous allons « aux périphéries » pour porter la Bonne Nouvelle. Entre évangélisation et prosélytisme, selon eux, la frontière est trop ténue, la nuance est trop subtile, la limite est vite franchie. Alors sommes-nous des illuminés ?

Parce qu’elle relèverait de la seule sphère privée, la foi n’aurait pas sa place sur l’espace public. Et la proclamer vaut blasphème républicain.

Si ce discours politiquement correct vous séduit, ne lisez surtout pas l’article qui suit.

Si cette doxa de la bien-pensance vous exaspère, lisez cet article, commentez-le et diffusez-le autour de vous, à celles et ceux qui n’osent pas porter partout les Paroles du Christ.

Et aussitôt, notre élan deviendra clameur : « Oui, n’ayons pas honte de l’Évangile ! » 

In corde Christi.

JG

 §

À LIRE ET À DIFFUSER Urbi et Orbi, bien sûr…

« Évangélisation ou prosélytisme ? Enfin la réponse ! »

Source : Bulletin d’Information Paroissiale de Saint-Pierre de Montmartre, 8 X 2017

Evangelisation_Proselytisme_08X17_A

 

À (RE)DÉCOUVRIR, deux teasers évangélisateurs !

L'urgence est de l'annoncer !

Semaine-Mission-B 


vendredi 11 août 2017

Imprimatur n°01

Vitte-AMettons à profit la trêve des vacances pour introduire sur ce site une nouvelle rubrique, en marge de la CATÉCHÈSE, permettant d’aborder les anciens manuels de catéchisme sous un angle éditorial, juste pour le plaisir d’explorer — et de comparer — les supports pédagogiques de jadis.

Imprimatur ? Le titre de ladite rubrique s’impose de bon cœur. Prétexte utile pour rappeler l’importance cruciale de cette autorisation officielle — imprimatur = « qu’il soit imprimé ! » —, tel un visa, que délivre l’Église catholique avant publication, attestant que ledit ouvrage ne contient « aucun élément contraire » à la foi, aux dogmes et à la morale catholique.

En clin d’œil à la fête de l’Assomption, consacrons notre première chronique à un manuel de circonstances, rare et peu connu :

Auteur anonyme — La Sainte Vierge (Lyon & Paris, Librairie catholique Emmanuel Vitte, collection Jeunesse, cours moyen, 2e édition, tirage 10.000 ex., 1947)

COUVERTURE —

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INCIPIT —

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TABLE DES MATIÈRES —

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DE BELLES IMAGES —

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DES FEUILLETS PARMI LES AUTRES —

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L’ambition de cette rubrique est d’éveiller votre curiosité, bien sûr. Dès lors, CATÉCHÈSE vous accorde « l’autorisation officielle » de livrer les commentaires et les questions que ce livre vous inspire.

Lien ad hoc pour tout savoir, ou presque, sur l’imprimatur —

Imprimatur - Wikipédia

L' imprimatur (littéralement : qu'il soit imprimé !) est une autorisation officielle de publier, donnée par une autorité de l' Église catholique. Elle est décrite dans le droit canonique, et donnée par l' ordinaire du lieu (l' évêque) où le livre est imprimé. Elle a pour origine la bulle pontificale Inter sollicitudines de 1515.

https://fr.wikipedia.org

Totus Tuus Maria...

Totus tuus,

Maria !

Gratia plena,

Dominus tecum !

Totus tuus,

Ora pro nobis,

Maria, Maria.

Vitte-G

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dimanche 6 août 2017

Les actes des Apôtres en série (TV)

E&K-A

Le mois d’août n’est pas un mois « ouvré » en matière de CATÉCHÈSE, trêve estivale oblige. Et pourtant combien de jours ne nous offre-t-il pas pour animer la flamme de notre foi ? Les fêtes de la Transfiguration et de l’Assomption ne sauraient passer inaperçues. Tout comme l’éphéméride des saints, — J.M. Vianney alias le curé d’Ars, Dominique, Claire, Hélène, Bernard, Barthélémy et Louis — vient jalonner de belles étapes de méditation.

La parenthèse des vacances n’est-elle pas aussi propice à (re)découvrir des représentations cinématographiques de l’histoire sainte, dans des registres injustement brocardés ?

Parmi les récentes réalisations susceptibles de nourrir notre foi,  la série A.D. KINGDOM & EMPIRE mérite, de toute évidence, une attention vraiment particulière.

Certes, les « beaux esprits cultureux » auront beau jeu de dénigrer les grosses ficelles du suspense qu’appelle un story-telling de 12 épisodes. Certes, certaines invraisemblances peuvent nous interroger — exemple : pourquoi l’apôtre Jean, fils de Zébédée, est-il noir ? —. Certes, l’intrigue s’autorise, pour les besoins du rythme et de la synthèse, de curieux raccourcis. Mais le résultat est là : aucune production cinématographique ne raconte aussi bien le périple tumultueux des apôtres au lendemain de la résurrection.

— Première vertu, historiographique : cette série reconstitue fort bien la tension explosive des pouvoirs en jeu, entre l’emprise spirituelle du Temple de Jérusalem et l’oppression militaire de la Pax Romana, toutes deux confrontées au terrorisme identitaire des Zélotes, au cœur d’une province de Judée ingouvernable, rebelle, et assez indifférente — pour ne pas dire méfiante — à l’égard du l’étrange message du prophète galiléen.

— Deuxième vertu, dramatique : les douze épisodes développent crescendo les rivalités et tensions qui surgissent entre les apôtres, nourries de craintes, de doutes, d’impatiences. Bien sûr que leur foi est mise à l’épreuve au fil des violentes persécutions. Mais leur pire ennemi s’avère bien la terrible part d’ombre de la nature humaine, entre méfiance et ressentiment. À cet égard, la conversion soudaine de Saul — de persécuteur cruel à prêcheur quelque peu « allumé » — ne vaut-elle pas autant d’admiration que de suspicion ? Assez de quoi semer la zizanie dans un cénacle où la Paix du Seigneur a parfois du mal à se faire entendre…

— Troisième vertu, prophétique : le scénario réserve une place de choix à l’intervention réelle de l’Esprit Saint comme à l’apparition effective des anges, accréditant les « réalités invisibles » de la foi, dans une mise en scène conjuguant éloquence, sobriété et émotion.

Loin d’un péplum bouffi de clichés, cette série illumine notre foi bien plus qu’elle l’interroge. Une vraie leçon de catéchisme en action, prouvant si besoin est que l’Évangile est une parole de feu qui ne s’accommodera jamais des discours à l’eau tiède.

JG

 NB – les 12 épisodes de série A.D. KINGDOM & EMPIRE sont à découvrir sur le site Netflix.

Les lois impitoyables de l’audimat américain ont hélas tranché : cette série en restera à la saison 1. La saison 2, bien que déjà écrite, ne sera pas produite. De fait, nous sommes un peu déçus d’une fin qui nous laisse sur notre faim…

Cf. un lien ad hoc vers une fiche d’accueil — 

A.D. Kingdom and Empire (2015) - Netflix France

Après la Crucifixion de Jésus, ses apôtres s'attachent à faire connaître son message, risquant ainsi leur liberté et à terme, leur vie.

http://www.allflicks.fr

E&K-B 

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jeudi 1 juin 2017

La Trinité au bout des doigts

 

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À l’approche de la Pentecôte, le mystère de la Trinité rejaillit dans les cœurs et se dérobe tout autant à la pédagogie. Les anciens manuels de catéchisme se satisfont de quelques images et ne s’y attardent pas. Délaissons alors cette sèche vacuité et explorons la piste d’un jouet en vogue pour (re)mettre en mouvement la puissante cybernétique liant le Père, le Fils et l'Esprit saint…

La soudaine invasion des hand spinner dans les cours d’école n’offrirait-elle pas une manne providentielle aux catéchistes ? Par le parallélisme des formes et l’analogie du mouvement rotatif, ce jouet étrange ne deviendrait-il pas un support ludique pour illustrer le dynamisme caché de notions jusqu’alors un peu trop statiques pour éclairer notre foi ?

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Première analogie, symbolique. Sous la forme d’une toupie à trois bras, — trouvant son équilibre dans la force centripète que dégage l’axe central monté sur un roulement à billes —, le hand spinner ressemble à s’y méprendre au « bouclier » de la Trinité, figure syncrétique offrant une représentation visuelle du Symbole d’Athanase*. Ce schéma triangulaire n’a d’autre ambition que de simplifier une réalité spirituelle aux dimensions infinies : le Père, le Fils et l’Esprit saint sont trois personnes distinctes tout en étant consubstantielles, c’est-à-dire procédant d’une même essence divine (ousia en grec) et reposant sur le même fondement (upostasis en grec).

Ainsi le hand spinner réalise la prouesse de rendre accessibles à tous des notions à la fois distinctes, subtiles et indissociables.

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Deuxième analogie, sémantique. L’axe central autour duquel les trois personnes de la Trinité gravitent, à égale distance, représente Dieu, alpha et omega, omniscient et omnipotent, « Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible ». Sa toute puissance s’exerce au bout du doigt — index levé vers le ciel — puisque le jouet repose là pour trouver l’équilibre dans sa vitesse de rotation.

Ainsi le hand spinner devient instrument inspiré de prières, permettant de puiser en lui le calme, l’application, la concentration qu’appelle le dialogue avec le Dieu.

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Troisième analogie, dynamique. En tournant sur lui-même, le hand spinner adopte aussitôt une forme circulaire, dans la fusion complète de ses trois bras. Au bout du doigt, n’apparaît plus qu’un seul disque, uniforme et univoque. Preuve manifeste dans cette virevolte : la divinité n’est pas séparable en trois, elle réside en un seul Être, dans un mouvement simultané d’amour unissant les trois personnes de la Trinité. « Clin Dieu » de circonstance : en terme savant, ce mouvement d’amour s’appelle périchorèse, — du grec périchorèsis —, signifiant rotation. Rotation incessante par laquelle le Père engendre le Fils dans l’Esprit.

Dans cet élan perpétuel de l’amour vivant — où tout est équilibre et harmonie —, le Père, le Fils et l’Esprit saint ne « forment » qu’un seul et même Dieu.

Ainsi le hand spinner dévoile les ressorts de la Trinité en action. Mieux encore, en tournant sur le bout du doigt, il libère sur un même axe, au même endroit, au même au moment, une force insoupçonnable, celle que la prière porte en notre cœur.

Autre temps, autres mœurs ? Au Ve siècle de notre ère, lors son périple pastoral dans les fins fonds des landes irlandaises, saint Patrick eut l’astuce d’utiliser le trèfle pour « pédagogiser » la Trinité. En notre XXIe siècle fasciné par les gadgets, pourquoi le hand spinner n’accèderait-il pas au statut de jouet spirituel ? Comme tel, il mériterait toute sa place dans l’éducation religieuse, à condition de le faire tourner, tourner encore, tourner toujours pour que la Trinité ne soit plus un mystère !

 §§§

*NB- Le Symbole d'Athanase fut attribué sans preuve à Athanase d'Alexandrie, sur la seule allégation de saint Césaire d’Arles qui fut le premier à le citer.

Diffusé dès le début du VIe siècle en Gaule méridionale, composé en latin, la tradition lui préférera le nom de Quicumque, titre empruntant les premiers mots dudit texte. Ce Symbole conquit sa notoriété au fil de son usage en Orient avant que le Symbole de Nicée-Constantinople ne fasse autorité au cours du même VIe siècle.

L’image du bouclier de la Trinité procède de la ferme volonté de « tenir la foi catholique » pour être sauvé. Le bouclier arme et protège à la fois. Église et chevalerie font alors cause commune.

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Le « bouclier » ou « écusson » de la Trinité : une représentation visuelle du Symbole d’Athanase.

Extrait (éloquent) de Symbole d’Athanase —

« Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité.

Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté.  

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs. »

§§§ 

Cf. aussi notre précédente chronique sur le sujet  — La Sainte Trinité, un mystère équilatéral ? — via le lien suivant : http://catechese.canalblog.com/archives/2016/05/20/33841368.html

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dimanche 9 avril 2017

Sainte semaine de méditation

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Dans le texte comme par l’image, les anciens manuels de catéchisme donne le ton de la Semaine sainte : « vivre avec la pensée de la mort de Jésus ». Seule nuance au tableau : le Dimanche des Rameaux qui en est le prélude.

Ce « beau dimanche qu’on appelle aussi Pâques fleuries » ne mêle-t-il pas étrangement allégresse et tristesse ? Juché sur une ânesse, Jésus entre dans Jérusalem sous les acclamations d’une foule enthousiaste. La bénédiction des Rameaux évoque ce moment de liesse.

La liturgie de la Parole se concentre quant à elle sur le récit de la Passion. Pour rappeler que la joie cède vite la place aux larmes. Pour introduire le mystère de la Rédemption : « ce n’est point pour Jésus un triomphe sans mélange, il n’est qu’une victime ornée marchant au sacrifice. » Pour nous suggérer enfin que les clameurs « Hosanna au plus haut des Cieux » et les vociférations « À mort ! À mort ! » sont prononcées sans doute par les mêmes esprits échauffés, tour-à-tour louangeurs et persécuteurs. Spectacle pathétique d’un peuple versatile, en proie à un panurgisme mortifère qui abolit tout discernement.

Méditer seul, en son for intérieur, face au Christ en souffrances, loin des émotions populaires, loin des mouvements de foule, loin des pulsions grégaires, n’est-ce pas là que jaillit la puissance vertueuse de la Semaine sainte ? N’est-ce pas là le moment d’expier par la prière les vils instincts de notre condition humaine ? N’est-ce pas aussi une grâce qui nous est offerte, dans un paradoxe poignant de miséricorde ? Celle d’accéder à la bonté de Dieu alors même que Dieu cède aux pires cruautés infligées à son Fils sacrifié.

JG

Semaine-Ste-C

« Frapper trois fois la porte de l’église avec le pied de la Croix » : un rite oublié lors de la procession de bénédiction des Rameaux.

Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

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Les particularités liturgiques de la Semaine sainte.

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

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 L’Office des Ténèbres : quinze cierges placés devant l’autel.

Source : Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

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Un exercice de la Semaine sainte : « regardez la Croix ! »

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938, Illust. Pierre ROUSSEAU)

Semaine-Ste-H 

Source : PRIGENT (Chanoine) — Mon catéchisme illustré - cours moyen et supérieur (Paris, Libraire Saint-Joseph, s.d.)

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mardi 4 avril 2017

Parenthèse poétique (06)

Confessionnal-X

Elle nous pose souvent « un cas », plus ou moins pressant. Elle nous inflige parfois « un examen », plus ou moins douloureux.

La conscience est cette petite voix intérieure dont se font écho les manuels de catéchisme tout particulièrement à l’approche de la semaine sainte, puisque le sacrement de pénitence nous invite à ouvrir notre cœur, dans un dialogue intime, franc et direct avec Jésus.

Dans un poème épuré de toute religiosité, le conteur provençal Jean Aicard explique aux enfants les vertus expiatrices de la conscience, qu’il suffit d’écouter pour être apaisé.

Ainsi statue notre for intérieur, ce tribunal de l’âme qui n’est pas avare de témoignages avant de livrer son jugement. Il approuve les bonnes actions, condamne les mauvaises. Il nous aide surtout à mettre en éveil nos instincts bienveillants et désintéressés. Tout ce que l’Esprit saint n’oublie jamais de nous souffler, dans le secret de la confession et dans le recueillement de la prière.

JG

Ma conscience

On sait toujours quand on fait bien,

Jean, une voix parle en toi-même,

C’est la voix de quelqu’un qui t’aime,

Car son bon conseil, c’est le tien.

 

Écoute-la, la voix secrète,

Mon fils, la voix du bon conseil :

Elle veille dans ton sommeil

Et partout, elle est toujours prête.

 

Sais-tu, Jean, quelle est cette voix

Qui te félicite ou te gronde ?

Qui parle au cœur de tout le monde,

Qui, dans la nuit, dit : « Je vous vois ! »

 

C’est « Conscience » qu’on la nomme

C’est l’écho, dans nos cœurs resté,

D’un conseil souvent répété

De notre père, en honnête homme.

 

C’est un cri de mère à genoux,

Nous suppliant de rester sages !...

La conscience a les visages

De nos pères vivants en nous.

 

C’est le souvenir d’un bon livre,

Expérience d’un ancien,

Et qui nous dit que « faire bien »

C’est avoir du bonheur à vivre.

 

Jean AICARD — Livre des Petits (Paris, Ch. Delagrave, 1886)

 

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À propos de l'auteur, Jean AICARD, (1848-1921) Cf. le lien vers un site ad hoc

http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jean-aicard

 

 

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