Isaie-01

Les historiens de l’Avent aident à mieux nous imprégner de cette période si particulière de prière qui, depuis le Haut Moyen-Âge, perpétue le recueillement des esprits, entre pénitence et patience face à l’avènement imminent du Sauveur (Adventus)...

Un jeûne tombé en désuétude

" On ne peut guère trouver d’essai ou de prélude de l’Avent, qui remonte plus haut que la seconde moitié du Ve siècle, époque à laquelle saint Perpet, évêque de Tours, ordonna, pour l’usage de son diocèse, trois jours de jeûne par semaine, depuis la fête de saint Martin jusqu’à celle de Noël.

Le précepte de ce jeûne doit être attribué à saint Grégoire le Grand, qui, au rapport d’Amalaire, n’eut jamais l’intention d’en faire une loi générale. Pierre, le vénérable abbé de Cluny, appelle l’Avent le carême moyen.

Le jeûne de l’Avent, qui n’était dans plusieurs lieux que de dévotion, quoiqu’il il eût été presque général pendant quelque temps, tomba en désuétude parmi les laïques ; mais la plupart des ordres religieux ont continué de l’observer jusqu’à ce jour. "

Source : BAILLET (Adrien) — La vie des Saints avec l’histoire de leur culte (Paris, Louis Genneau éditeur, nouvelle édition, 1739)

Pénitence et joie

" Pendant les quatre semaines de l’Avent, l’Église ne prononce dans le sanctuaire que des paroles de repentir et de pénitence. L’alleluia ne termine plus ni ses prières ni ses hymnes. Et les autels ont pris l’ornement du deuil.

Les prêtres répètent alors au peuple : « Repentez-vous, faites pénitence ; car voilà que Dieu approche ; car la cognée est près d’atteindre la racine de l’arbre. Revêtez la robe blanche, la robe de pureté ; car voici venir l’époux.

Une voix s’élève et crie : Voici le Rédempteur qui avance. Jetez des fleurs et des palmes sur ses voies, et préparez de nouveaux cantiques, car une vierge a conçu, et un enfant va nous naître à tous ! »

L’Église, en empruntant ainsi aux vieux prophètes leurs paroles inspirées, vont faire voir aux fidèles combien ils seraient coupables s’ils restaient froids quand la venue du Messie approche. Cet avènement, désiré par les patriarches ; cet avènement, que tous les justes de la loi de Moïse ont invoqué, doit réjouir les chrétiens. Et, pour que leur joie soit pure, il faut qu’ils s’y préparent par la pénitence. L’innocence : c’est là la robe blanche qu’il faut revêtir pour assister dignement au fêtes de la religion."

Source : WALSH (M. le Vicomte) — Tableau poétique des Fêtes chrétiennes (Paris, Librairie Blériot, nouvelle édition revue, corrigée et augmentée, s.d.)

Messie-01

 Source : *** — Catéchisme à l’usage des diocèses de France (Marseille, éditions Publiroc, illust. Jules BRETON, s.d.)