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À défaut de trouver les mots pour expliquer la résurrection aux enfants, les anciens livres de catéchisme se satisfont, avec plus ou moins de talent, de paraphraser les Évangiles.

Exercice propice pour opérer une synthèse entre l’Évangile de Jean et les synoptiques (Matthieu, Marc et Luc), qui se complètent sans se contredire.

C’est surtout par l’image que les manuels restituent le plus beau et le plus grand mystère de notre foi — Cf. Album photos en marge gauche —.

Chacun à sa façon, souvent en une seule vignette, les illustrateurs mettent en scène les protagonistes de cette étrange matinée de Pâques.

Les vigiles romains gisent au sol, comme évanouis ou assommés.

Un ange, au regard lointain, est assis sur un linteau. Ou alors il tient dans les bras la grosse pierre servant de porte du sépulcre. Comme pour nous prendre à témoin d’une intervention divine qui vient de se produire.

En arrière-plan, des silhouettes de femmes approchent du tombeau, laissant augurer la surprise stupéfiante qui les attend.

Jésus, lui, drapé dans son linceul, nimbé d’une auréole au-dessus de la tête, est représenté serein, les pieds bien au sol, ou alors en lévitation, porté par un nuage semblant dégager une énergie surnaturelle.

Un événement inintelligible ?

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Pas facile, il est vrai, de représenter le « Christ ressuscité » ; puisque cette notion, ou plutôt cet état physique, défie tout ce que l’entendement humain est capable d’imaginer.

Inaccessible, inintelligible la Résurrection ? Nous, chrétiens d’aujourd’hui, grâce à l’enseignement de l’Église, percevons le fondement, la portée, la signification de cette prophétie accomplie, même si nous peinons parfois à mesurer le trésor  spirituel qu’elle ouvre à notre chemin de foi.

Pour preuve, selon un sondage* fort révélateur de cet écueil, seulement 58 % des personnes se réclamant du catholicisme croient en la résurrection du Christ ! Proportion consternante qui démontre combien l’évangélisation est une cause fragile aussi bien qu’un défi permanent.

Pour autant, nous les convaincus avons la chance d’avoir le Nouveau Testament comme vivier inépuisable de notre spiritualité. Sans la Résurrection, le christianisme serait sans doute une école philosophique comme une autre, perméable au relativisme que « l’esprit du monde » cultive à satiété. Avec la Résurrection, notre identité chrétienne s’affirme, incomparable, immuable, inébranlable. Raison d’être de notre engagement. Substance nourrissante de notre vie pastorale, comme saint Paul le démontre a contrario : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi notre foi. » (1Cor. 15, 14)

Rien d’étonnant alors si les quatre Évangiles rivalisent de précisions pour diversifier les sources testimoniales sur la réalité de la Résurrection. Marie-Madeleine qui, la première, découvre le tombeau vide, Jean et Pierre qui viennent vérifier ses dires — Oui, la culture juive ne prêtait guère crédit aux paroles des femmes —, la crise d’incrédulité maladive de Thomas, les disciples près du lac au moment de la pêche miraculeuse (Jean, 21, 1-14), le groupe des « cinq cent frères dont la plupart sont encore vivants » que saint Paul accrédite dans sa première lettre aux Corinthiens (15, 3-8), et même Jacques, « frère de Jésus », qui ne voulait pas croire avant à la Résurrection (1 Cor. 15, 7) :  tous ont rencontré Jésus dans son état de ressuscité, vainqueur de la mort. Tout au long des trente-neuf jours qui suivront le dimanche de Pâques, Il apparaîtra à ses disciples. Pour les convaincre qu’il a tenu parole. Pour expliquer devant eux ce qui nous attend au Royaume des Cieux (Actes, 1, 3).

Une silhouette étrange ?

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Plus insistants encore les détails livrés sur la matérialité de la Résurrection. Les évangélistes veillent à préciser que le Christ ressuscité n’a en rien l’apparence d’un fantôme éthéré. Certes il traverse les portes verrouillées et il disparaît brusquement, mais il marche, il parle, il boit, il mange. Il laisse même toucher son corps. Cette enveloppe corporelle suggère-t-elle une réincarnation pure et simple ? Un indice troublant infirme cette hypothèse. Le corps ressuscité de Jésus semble avoir subi une transformation. Ou du moins il ne ressemble plus vraiment à ce qu’il fut avant. Vérité corroborée par le récit des premières apparitions. Ses plus proches amis ne le reconnaissent pas d’emblée. Marie-Madeleine croit voir un jardiner jusqu’au moment où Il l’appelle. Les disciples d’Emmaüs pensent rencontrer un voyageur jusqu’à ce qu’Il surgisse parmi eux pour partager le pain. Jésus n’est pas reconnu de prime abord, signe manifeste que sa physionomie n’a plus rien de commun avec sa silhouette terrestre.

Évoquant le corps ressuscité, saint Paul le comparera plus tard à un « corps spirituel », celui que Dieu donne à son peuple dans la nouvelle création, dans les « demeures » de son Royaume (1Cor, 15, 44). Un « corps spirituel » en rien comparable à un « esprit incorporel », donnant une résonance toute particulière à la « résurrection de la chair » que le Symbole des Apôtres érige en acte de foi. Nos corps, mortels, ne renaîtront pas dans leur enveloppe périssable, mais dans l’apparence du Christ ressuscité. Et aucun mot ici-bas ne parvient vraiment à décrire la substance de cet « état glorieux ». Dès lors, quand Jésus parlait de sa Résurrection aux disciples, il n’annonçait pas seulement l’événement d’un jour, il préfigurait les lendemains de notre propre mort, pour peu que nous emboitions le pas à son chemin de miséricorde. La Résurrection met notre foi au pied du mur : croire ou ne pas croire. Mieux qu’une vague promesse inscrite dans le Temps de Dieu, n’est-elle pas la plus  belle — et la plus solide —  pièce à conviction de notre Espérance ? Joyeux réconfort de notre identité chrétienne, à partager sans complexe !

JG

* CSA / Le Monde des Religions, Portrait des catholiques, sondage exclusif réalisé par téléphone du 18 au 25 octobre 2006, Interrogation de 1021 personnes se déclarant catholiques issues d'un échantillon national représentatif de 2012 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas.

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Source : PRIGENT (Chanoine) — Mon catéchisme illustré - cours moyen et supérieur (Paris, Libraire Saint-Joseph, s.d.)

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« Pâques, gage et modèle de notre résurrection »

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Le saint jour de Pâques, appelé aussi « jour du Seigneur », rappelle aux fidèles le souvenir de la résurrection glorieuse du Seigneur. Le mot Pâques, synonyme de passage, signifie, chez le Sauveur, son passage de la mort à la vie glorieuse.

La fête de Pâques est la plus grande fête de l’année, le plus grand et le plus glorieux des mystères du Sauveur. La Résurrection est le fondement de notre religion et de notre espérance. Elle est aussi le gage et le modèle de notre résurrection.

Pâques est la fête de la résurrection du Sauveur, de la renaissance de l’âme, de l’anéantissement du péché, dont les hommes étaient esclaves et dont les a affranchis le divin Sauveur. Nous gémissions dans la servitude, et il est venu nous ouvrir les grandes voies de la liberté.

C’est pour cela que tous les chants de l’Église, ce jour-là, sont des chants d’allégresse et de triomphe ! Alleluia !

En France tout particulièrement, l’Alleluia retentit joyeusement dans un chant populaire, qui est chanté au Salut par tous les fidèles : « O Filii et Filiæ, Pâques est vraiment le jour du Seigneur. »

Source : FATIEN (B.) & SYNAVE (R.P. Paul) — Histoire de l’Église (Paris, Librairie A. Hatier, 19e édition, 1938)

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Relique officieuse ou vestige polémique ? Le Linceul de Turin nous ouvre une dimension inconnue qui se dérobe à nos certitudes humaines. Plus troublant encore, à son endroit, la science cartésienne voit vaciller les « expertises » d’antan. Plus elle progresse, plus elle s’interroge. Et plus elle devient humble ! 

Le Vrai Visage du Christ - document 1H29mn