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Images et textes, liturgie et rites, leçons pratiques et exercices d’observation : les anciens manuels de catéchisme usent de tous les registres pour initier les enfants au mystère de la Rédemption.

La Semaine sainte offre le moment idéal pour en rappeler le fondement et la portée, avec la dramaturgie de la Passion pour point d’orgue, bien sûr.

Chaque séquence de la Passion suggère une méditation appropriée et vient confronter notre foi à notre condition humaine. D’un mouvement de foule à l’autre, entre l’ovation à l’entrée de Jérusalem et la vindicte populaire lors de la comparution de Jésus devant Hérode et Pilate, notre conscience s’interroge : ne serait-ce pas les mêmes hommes qui ont salué et conspué l’homme de Nazareth ?

Parmi les personnages qui surgissent çà et là dans le récit de la Passion, ne sommes-nous pas tentés parfois de nous identifier à l’un d’eux, comme si notre compassion exprimait le besoin de s’incarner pour mieux s’exprimer ? Ces apôtres apeurés qui disparaissent dans la nuit funeste du Jardin des Oliviers, Pierre qui renie, Judas qui trahit, Pilate qui tergiverse, Simon de Cyrène qui soulage la souffrance du Christ, les « filles de Jérusalem » qui se lamentent de toutes leur larmes, le bon zélote crucifié qui se repent, le centurion ébahi qui rend gloire à Dieu, Joseph d’Arimathie qui descend le Christ de la Croix et lui trouve une sépulture, les femmes ayant « accompagné Jésus depuis la Galilée » qui improvisent un cortège funèbre… À chaque oraison, sur notre chemin de foi, ces silhouettes nous croisent, nous dévisagent, et nous montrent du doigt notre misère désemparée face à la Passion du Christ.

Puissance insondable du mystère de la Rédemption : chaque année, à pareille époque, il réveille le supplice du Golgotha. Apprendre à regarder la Croix en face, comprendre le sacrifice divin, exhausser notre humanité pour suivre Celui qui nous ouvre la Voie de l’amour absolu, en accueillant ses grâces et en portant la croix.

JG

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Source : *** — Catéchisme à l’usage des diocèses de France (Marseille, éditions Publiroc, illust. Jules BRETON, s.d.)

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« Le temps le plus saint de l’année »

On entend par Semaine sainte la semaine consacrée par l’Église à la célébration des grands et augustes mystères de la Passion. La Semaine sainte, ou la grande Semaine, est le temps le plus saint de l’année. À mesure qu’on avance, l’âme dans la tristesse, le cœur se serre. Sur toute la chrétienté, un large voile de deuil semble s’abaisser et l’envelopper comme un noir manteau.

Nous devons sanctifier ce temps par le jeûne, les mortifications, les veilles ; par des prières plus ferventes et par l’assistance aux cérémonies religieuses, autant que le permettent nos devoirs d’état.

En instituant les cérémonies de la Semaine sainte, l’Église n’a eu d’autre pensée que de nous rappeler à tous les scènes principales de la Passion du Sauveur et de nous en faire recueillir les précieux enseignements.

Le silence des orgues, les ornements violets, les croix et les images veillées, le chant plaintif des lamentations, tout cela indique bien la grande tristesse de l’Église en ces jours saints.

Les Matines et les Laudes qu’on chante à partir du Mercredi saint prennent le nom de Ténèbres, parce qu’on les chantait autrefois pendant la nuit. Il y a, dans l’office des Ténèbres, et dans ceux des quatre derniers jours de la Semaine sainte, de grandes beautés, des inspirations admirables. C’est comme un concert de cris de douleurs, de plaintes, de gémissements, de soupirs et de larmes, s’élevant vers le ciel, et dont la grandeur poétique doit émouvoir les plus indifférents et faire réfléchir les plus incrédules. Par cet office, l’Église symbolise parfaitement toutes les tristesses de ces grandes et saintes journées.

Source : FATIEN (B.) & SYNAVE (R.P. Paul) — Histoire de l’Église (Paris, Librairie A. Hatier, 19e édition, 1938)

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Source : PRIGENT (Chanoine) — Mon catéchisme illustré - cours moyene et supérieur (Paris, Libraire Saint-Joseph, s.d.)

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"Notre Père" en araméen