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Par-delà le mystère de l’Incarnation, sans rien ébranler de notre Foi, la Sainte Famille ne ferait-elle pas "un peu désordre" ?

Question sacrilège, s’indigneront les esprits vertueux. Interrogation humaine, bassement contemporaine, suggère une lecture factuelle des Évangiles.

Un soir, sous le ciel étoilé de Judée, dans le village de Bethléem, la prophétie s’est accomplie. " C’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. " (Luc 2, 11). Cet avènement, qui va bouleverser l’histoire de l’humanité, s’affranchit de toutes les conventions, dans l’humilité comme dans l’impromptu.

Ce brave Joseph, homme d’un certain âge, — ou plutôt d’un âge certain, selon la tradition — amoureux d’une jeune fille vierge de 15 ou 16 ans : aujourd’hui encore, ne serait-ce pas un peu suspect ?

Une future maman enceinte avant même de cohabiter avec l’époux qui lui est promis, ne serait-ce pas matière à scandale ?

"L’action de l’Esprit Saint" (Matthieu, 1,18) révélée en songe, convainc Joseph de ne pas point répudier Marie, sans doute pour lui épargner la lapidation. Une telle mansuétude, si miséricordieuse, ne vient-elle pas défier le châtiment impitoyable de la loi juive ?

Des parents désemparés par l’inhospitalité des auberges, contraints de faire naître leur enfant dans une étable, n’est-ce pas une poignante représentation de l’angoisse maternelle ?

Une fuite en Égypte, aussi aventureuse que précipitée, n’est-ce pas une épreuve harassante exposant aux pires tourments ?

Ainsi va la Sainte Famille, donnant vie aux prophéties dans l’improvisation totale du présent. Si ballotée et pourtant si tenace. Si fragile et pourtant si solide. Si bancale et pourtant si rassurante. N’est-elle pas là, dans le mystère de la crèche, la magie de Noël ? Une petite famille si peu conventionnelle s’impose depuis deux mille ans en modèle universel de la Famille aimante, paisible et harmonieuse. Une grâce divine qui résiste envers et contre tout, fût-elle confrontée aux doutes mortifères de notre siècle désenchanté. Alors rendons grâce à Joseph et à Marie de nous montrer, à chaque Noël, combien une pauvre étable devient, sous le regard ému des bergers, un merveilleux repaire de tendresse et d’amour…

JG

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 Le mystère du Fils de Dieu fait homme

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Les anciens manuels de catéchisme veillent, pour la plupart, à traiter Noël sous un double éclairage, — liturgique et théologique —, sous une double séquence aussi : la figure de la Vierge Marie est associée au mystère de l’Incarnation ;  le message de « l’Ange du Seigneur », annonçant aux bergers la naissance du Christ Seigneur, est le prélude à la nuit d’adoration. La joie que transportent les chants de Noël est mise en exergue par le célèbre Adeste fideles, témoignant la foi de l’Église dans le mystère du Fils de Dieu fait homme.

 

Noel-liturgie-

Source : QUINET (Chanoine) & HAMAYON (Abbé) — Doctrine et Leçons de choses religieuses, suivies de notes morales et sociales (Paris, Librairie L’École, 1937)

Incarnation-

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938, Illust. Pierre ROUSSEAU)

Pratiques-

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938, Illust. Pierre ROUSSEAU)

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Saint Joseph, patron de l'Eglise

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De même que Dieu établit le patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l'Égypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie (Gn 41,40s), ainsi, lorsque furent accomplis les temps où l'Éternel allait envoyer sur la terre son Fils unique pour racheter le monde, il choisit un autre Joseph dont le premier était la préfiguration : il l'établit seigneur et prince de sa maison et de ses biens, il commit à sa garde ses plus riches trésors. En effet, Joseph épousa l'Immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la puissance du Saint Esprit, est né Jésus Christ, qui voulut aux yeux de tous passer pour le fils de Joseph et daigna lui être soumis. Celui que tant de prophètes et de rois avaient souhaité de voir (Lc 10,24), non seulement Joseph le vit, mais il conversa avec lui, il le pressa dans les bras d'une paternelle tendresse, il le couvrit de baisers ; avec un grand soin et une sollicitude sans égale, il a nourri celui que les fidèles devaient manger comme le pain de l'éternelle vie.

En raison de cette dignité sublime, à laquelle Dieu éleva son très fidèle serviteur, toujours l'Église a exalté et honoré saint Joseph d'un culte exceptionnel, quoique inférieur à celui qu'elle rend à la Mère de Dieu ; toujours, dans les heures critiques, elle a imploré son assistance... C'est pourquoi nous déclarons solennellement saint Joseph Patron de l'Église catholique.    

Source : Bienheureux Pie IX (1792-1878) ­— décret « Urbi et orbi », 8 décembre 1870

 À partager : une version épurée, et fort émouvante, de l’Adeste fideles

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 Adeste fideles (paroles)

Accourez, peuple fidèle, livrez-vous aux plus vifs transports de joie ;

venez à Bethléem ;

voyez le Roi des Anges, qui vient de naître.

Venez, venez, venez, adorons le Seigneur.

 

Dociles à la voix céleste, les bergers quittent leur troupeau

et s’empressent de visiter son humble berceau ;

et nous aussi, hâtons-nous d’y porter nos pas.

Venez, venez, venez, adorons le Seigneur.

 

Nous verrons celui est splendeur éternelle du Père,

caché sous le voile d’une chair mortelle ;

nous verrons un Dieu enveloppé de langes.

Venez, venez, venez, adorons le Seigneur.

 

Embrassons pieusement ce Dieu venu pauvre pour nous et couché sur la paille.

Quand il nous aime ainsi, comment ne pas l’aimer à notre tour ?

Venez, venez, venez, adorons le Seigneur.

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Source : PRIGENT (Chanoine) — Mon catéchisme illustré - cours moyen et supérieur (Paris, Libraire Saint-Joseph, s.d.)

 

Joyeux Noël à tous...