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Le mois d’août n’est pas un mois « ouvré » en matière de CATÉCHÈSE, trêve estivale oblige. Et pourtant combien de jours ne nous offre-t-il pas pour animer la flamme de notre foi ? Les fêtes de la Transfiguration et de l’Assomption ne sauraient passer inaperçues. Tout comme l’éphéméride des saints, — J.M. Vianney alias le curé d’Ars, Dominique, Claire, Hélène, Bernard, Barthélémy et Louis — vient jalonner de belles étapes de méditation.

La parenthèse des vacances n’est-elle pas aussi propice à (re)découvrir des représentations cinématographiques de l’histoire sainte, dans des registres injustement brocardés ?

Parmi les récentes réalisations susceptibles de nourrir notre foi,  la série A.D. KINGDOM & EMPIRE mérite, de toute évidence, une attention vraiment particulière.

Certes, les « beaux esprits cultureux » auront beau jeu de dénigrer les grosses ficelles du suspense qu’appelle un story-telling de 12 épisodes. Certes, certaines invraisemblances peuvent nous interroger — exemple : pourquoi l’apôtre Jean, fils de Zébédée, est-il noir ? —. Certes, l’intrigue s’autorise, pour les besoins du rythme et de la synthèse, de curieux raccourcis. Mais le résultat est là : aucune production cinématographique ne raconte aussi bien le périple tumultueux des apôtres au lendemain de la résurrection.

— Première vertu, historiographique : cette série reconstitue fort bien la tension explosive des pouvoirs en jeu, entre l’emprise spirituelle du Temple de Jérusalem et l’oppression militaire de la Pax Romana, toutes deux confrontées au terrorisme identitaire des Zélotes, au cœur d’une province de Judée ingouvernable, rebelle, et assez indifférente — pour ne pas dire méfiante — à l’égard du l’étrange message du prophète galiléen.

— Deuxième vertu, dramatique : les douze épisodes développent crescendo les rivalités et tensions qui surgissent entre les apôtres, nourries de craintes, de doutes, d’impatiences. Bien sûr que leur foi est mise à l’épreuve au fil des violentes persécutions. Mais leur pire ennemi s’avère bien la terrible part d’ombre de la nature humaine, entre méfiance et ressentiment. À cet égard, la conversion soudaine de Saul — de persécuteur cruel à prêcheur quelque peu « allumé » — ne vaut-elle pas autant d’admiration que de suspicion ? Assez de quoi semer la zizanie dans un cénacle où la Paix du Seigneur a parfois du mal à se faire entendre…

— Troisième vertu, prophétique : le scénario réserve une place de choix à l’intervention réelle de l’Esprit Saint comme à l’apparition effective des anges, accréditant les « réalités invisibles » de la foi, dans une mise en scène conjuguant éloquence, sobriété et émotion.

Loin d’un péplum bouffi de clichés, cette série illumine notre foi bien plus qu’elle l’interroge. Une vraie leçon de catéchisme en action, prouvant si besoin est que l’Évangile est une parole de feu qui ne s’accommodera jamais des discours à l’eau tiède.

JG

 NB – les 12 épisodes de série A.D. KINGDOM & EMPIRE sont à découvrir sur le site Netflix.

Les lois impitoyables de l’audimat américain ont hélas tranché : cette série en restera à la saison 1. La saison 2, bien que déjà écrite, ne sera pas produite. De fait, nous sommes un peu déçus d’une fin qui nous laisse sur notre faim…

Cf. un lien ad hoc vers une fiche d’accueil — 

A.D. Kingdom and Empire (2015) - Netflix France

Après la Crucifixion de Jésus, ses apôtres s'attachent à faire connaître son message, risquant ainsi leur liberté et à terme, leur vie.

http://www.allflicks.fr

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