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À l’approche de la fête de l’Archange saint Michel, « protecteur de la France », (29 septembre) et de la fête des anges gardiens (2 octobre), le moment est propice de s’intéresser à la place que tiennent les anges dans les anciens manuels de catéchisme.

Situées souvent entre le chapitre consacré à la sainte-Trinité et celui voué à la création de l’homme et de la femme, les pages évoquant les anges occupent une place de choix même si elles entretiennent un certain mystère autour de ces étranges créatures célestes.

De prime abord, une hiérarchie est clairement établie : les anges sont « les plus parfaites créatures de Dieu » et ils campent « au sommet de la Création, au-dessus des hommes. » Une façon radicale de rabattre les prétentions prométhéennes des simples mortels que nous sommes.  

On y apprend aussi que les anges n’ont « pas de corps ». Leurs ailes plus ou moins  gigantesques, leur bonne bouille juvénile, leur tunique scintillante, leurs longs cheveux blonds bouclés, leur sourire d’ange, c’est pour le folklore de l’image pieuse. Et ils n’en sont pas peu fiers. Parce que cette beauté leur va bien, quand bien même l’apparence physique est le cadet de leurs soucis. Dénués d’enveloppe corporelle, ce sont de « purs esprits qui furent créés dans un état de sainteté et de bonheur ». Pour autant, comme serviteurs de Dieu, ils doivent « mériter la gloire éternelle par leur fidélité. » Cette fragilité existentielle nous les rend soudain sympathiques, à la simple idée qu’eux-aussi doivent quérir la miséricorde de Dieu dès que leur service laisse quelque peu à désirer.

On découvre surtout que la Création ne fut pas un épisode de tout repos. Corrompus par l’orgueil que peut éveiller l’insigne privilège de servir Dieu, certains anges — « un grand nombre » même — « se révoltèrent contre Dieu » jusqu’à devenir « démons », expédiés en enfer, d’où ils n’ont d’autres occupations que de « nous porter au mal par la tentation ».

Pour leur résister, nous avons le secours de la prière et l’assistance d’un « bon ange que Dieu nous donne à notre naissance. » Mieux qu’un ange messager, un ange gardien qui veille sans cesse sur nous. Dans la prière, il nous conseille et il nous guide. Dans l’épreuve, il nous console et il nous relève. Aucune importance si on préfère voir en lui notre « petite voix intérieure » ou notre « conscience intuitive » : notre ange gardien n’est pas susceptible. Il est toujours présent. Il insiste. Il ne se trompe jamais, inspiré qu’il est de l’Esprit saint. Alors n’oubliez pas d’honorer sa fête. Il vous en sera reconnaissant, au gré d’une grâce inattendue non moins que divine.

JG

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Source : PRIGENT (Chanoine) — Mon catéchisme illustré - cours moyen et supérieur (Paris, Libraire Saint-Joseph, s.d.)

PARENTHÈSE POÉTIQUE —

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Thème classique de la culture populaire du XIXe siècle : l’ange libérateur au chevet de l’enfant mourant, comme l’évoque Jean Reboul en un poème fort émouvant. 

L’ange et l’enfant

Un ange au radieux visage,

Penché sur le bord d’un berceau,

Semblait contempler son image

Comme dans l’onde d’un ruisseau.

 

« Charmant enfant qui me ressemble,

Disait-il, oh ! viens avec moi ;

Viens, nous serons heureux ensemble

La terre est indigne de toi.

 

«  Là, jamais entière allégresse,

L’âme y souffre de ses plaisirs ;

Les airs de joie ont leur tristesse

Et les voluptés leurs soupirs.

 

« La crainte est de toutes les fêtes,

Jamais un jour calme et serein

Du choc des vents et des tempêtes

N’a garanti le lendemain.

 

« Eh quoi ! les chagrins, les larmes,

Viendraient flétrir ton front si pur,

Et, dans l’amertume des larmes,

Se terniraient tes yeux d’azur ?

 

«  Non, non, dans les champs de l’espace

Avec moi tu vas t’envoler ;

La Providence te fait grâce

Des jours que tu devais couler.

 

«  Que personne dans ta demeure

N’obscurcisse ses vêtements ;

Qu’on accueille ta dernière heure

Ainsi que tes premiers moments.

 

«  Que les fronts y soient sans nuage,

Que rien n’y révèle un tombeau ;

Quand on est pur comme à ton âge,

Le dernier jour est le plus beau. »

 

Et, secouant ses blanches ailes,

L’ange à ces mots prit son essor,

Vers les demeures éternelles…

Pauvre mère ! Ton fils est mort.

 

Jean REBOUL (1796-1864)

J

À propos de l’auteur, Cf. le lien vers le site ad hoc —

http://www.nemausensis.com/Nimes/JeanReboul/JeanReboul.htm

 

 

 

 

Ange-11a

Ange-11b

Source : CAULY (Mgr E.) — Le Catéchisme expliqué - dogme, morale, sacrements, culte - (Paris, J. de Gigord Éditeur, nouvelle édition, 319e à 352e mille, 1924)

Ange-04

Source : Abbé L. de C. — Je crois en Dieu - L'enseignement religieux en 400 images (Paris, Librairie des Catéchismes, 1906)

Ange-09

Source : QUINET (Chanoine) — Explication simple et pratique de mon Catéchisme (Paris, Librairie L’École, 1938, Illust. Pierre ROUSSEAU)

Ange-06 

Source : Catéchisme à l’usage des diocèses de France (Marseille, éditions Publiroc, illust. Jules BRETON, s.d.)

Ange-10 

Source : FATIEN (B.) — Récits d’Histoire sainte - cours élémentaire (Paris, Librairie d’éducation A. Hatier, 15e édition, s.d.)

Ange-08 

Source : QUINET & BOYER  — Petit catéchisme et messe en images (Tours, Mame, 1941, illust. Pierre ROUSSEAU)

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