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Juste le temps d’une chronique éphémère, osons déserter la vénérable imprimatur gratifiant les vieux manuels de catéchisme, pour louer la force évangélisatrice du  7e art comme en témoigne le film La Résurrection, dont la timide distribution en France vient décupler l’enthousiasme de nos louanges.

La Résurrection, comme rumeur subversive ébranlant l’autorité de l'Empire romain en Palestine, voilà bien un audacieux parti pris cinématographique. Pari réussi, à n’en point douter, tant dans le scénario, la mise en scène, le jeu des acteurs, au service d’une réalisation très sobre qui n’emprunte rien aux clichés du peplum hollywoodien que l’on pouvait redouter.

Tout y est dilemme, à l’aune des meilleurs nœuds dramatiques. L’obéissance militaire d’un tribun de plus en plus désarmé au fil de son enquête, le zèle pathétique d’un Ponce Pilate balloté entre son intuition secrète et sa loyauté à l’empereur Tibère, le dépit amer du grand prêtre Caïphe, prêt à corrompre pour sauver son autorité spirituelle.

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Tout semble réaliste, dans l’historicité comme dans la crédibilité des sources. Sans caricature ni facilité dans la représentation des figures principales du film : Marie-Madeleine, si sereine dans ses certitudes, Simon-Pierre, si généreux et si humble, Yeshua — Jésus en araméen — si touchant dans son humanité divine ou sa divinité incarnée, si ressemblant au visage du linceul de Turin, tel que les dernières recherches scientifiques l’ont restitué.

De la fraternité clanique des apôtres, surmontant l’épreuve du doute et de la traque, jaillit une foi contagieuse, quelque peu brouillonne, charnelle, spontanée. Une intention dignement assumée, selon les propos du réalisateur, Kevin Reynolds, pour « que tous ceux qui ont la foi se sentent représentés de façon juste. »

Un grand film historique, nu dans sa sincérité, émouvant dans sa beauté évangélisatrice, que l’Église, notre sainte institution universelle, serait bien inspirée de louer, si tant est qu’elle n’ait plus peur d’associer le 7e art à sa mission pastorale... Sur ce point chatouilleux, laissons agir l’Esprit Saint qui sait toujours trouver les bonnes oreilles. Alors prions !

JG

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NB- Question malicieuse, juste un peu pointilleuse, à l’adresse des passionné(e)s d’histoire romaine : une (petite) erreur historique s’est glissée dans ce film. Seul indice : l’erreur se niche dans un dialogue…

Curieusement, aucun journaliste cinéphile ne l’a débusquée. Preuve que la culture latine n’est plus ce qu'elle était ! Récompense promise pour votre perspicacité : une citation à l’honneur, sur CATÉCHÈSE bien sûr.

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Quel est le point de vue de l’Église sur le film La Résurrection ?

Un article édifiant publié sur le site Aleteia : archétype d’une critique jalonnée de subtiles nuances sémantico-théologiques, sur le registre « méli-mélo Chamallow », comme seuls certains hommes d’église en ont le secret ! Exaspérant ou désespérant, selon votre bon cœur…

http://fr.aleteia.org/2016/05/05/quel-est-le-point-de-vue-de-leglise-sur-la-resurrection-du-christ/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr-May%2006,%202016%2007:00%20am

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