Messe-

Désignant les périodes en dehors des temps forts de l’année liturgique, le Temps ordinaire use d’un qualificatif peu enthousiasmant. C’est du moins la (mauvaise) pensée que l’on pourrait prêter à cette évocation dénuée de transcendance…

Ce Temps ordinaire nous suggère-t-il de traverser un moment banal, anodin, rébarbatif ? Ou invite-t-il à le considérer avec la légèreté qu’autoriserait un moment de transition, au risque de rendre fade le recueillement dans la prière ?

Reconnaissons qu’à son insu, l’expression ne rehausse guère la joie de la mission pastorale.

Pire encore, il s’étend, selon les années, sur 33 ou 34 semaines*, pouvant laisser penser qu’il propose de simples entractes aux grandes fêtes catholiques.

Et pourtant, il n’est pas insignifiant ce Temps ordinaire.

Chaque dimanche qui relève de cette période porte en lui une « Pâque hebdomadaire », et célèbre le « Jour du Seigneur », inséparable du sacrement de l’Eucharistie. Preuve que, dans le rythme de nos oraisons, ces dimanches ne sont pas des jours comme les autres.

En outre, ce Temps ordinaire ne permet-il pas de revisiter un peu plus la vie de Jésus, dans son humanité, pour mieux éclairer les saints mystères de sa divinité ? Précieuse opportunité encore de mieux nous imprégner des grands textes bibliques, de méditer des passages dont la portée théologique nous avait échappé jusqu’alors, de fêter des saints qui nous sont chers, de vivre la réalité si vivante de notre communauté paroissiale, de partager les causes évangéliques sur lesquelles l’Église veille à nous mobiliser…

Un seul moyen alors pour magnifier ce Temps ordinaire. Juste entre nous : oublions discrètement son qualificatif réducteur. Et accueillons-le comme un Temps de louanges, nous réservant des moments uniques de paix, de sérénité, de bien-être comme seule la Parole divine sait nous en procurer. Parce que « c’est Aujourd’hui que s’accomplit l’Écriture » (Lc, 4, 21)… Même en Temps ordinaire !

JG

* NB- Ce temps ordinaire couvre deux périodes. Première période : du lundi suivant le baptême de Jésus (dimanche après l’Épiphanie) au mercredi des Cendres. Deuxième période : de la Pentecôte au premier dimanche de l’Avent.

Priere-02

Source : PRIGENT (Chanoine) — Mon catéchisme illustré - cours moyene et supérieur (Paris, Libraire Saint-Joseph, s.d.)

Notre-Pere-01

Source : *** — Catéchisme à l’usage des diocèses de France (Marseille, éditions Publiroc, illust. Jules BRETON, s.d.)

Le sermon sur la montagne : le Notre Père