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Le miracle impressionne, interroge, amuse. Il est la sève narrative des manuels de catéchisme.

Dans la lignée de l’évangile de Marc, — consacrant presque un tiers de son récit aux miracles de Jésus —, la plupart s’appuient sur les prodiges du Christ pour marquer la conscience des enfants. Mieux encore, pour nourrir leur âme.

En manifestant son pouvoir sur la nature et sur la maladie, défiant par là-même les lois naturelles, Jésus ne joue pas à épater les foules ou à attirer à lui de nouveaux disciples. Il démontre par ces « signes » ce qui se passe, en lieu et place, dans le Royaume de Dieu.

Ses opposants se scandalisent-ils lorsqu’il guérit ceux qui ne le mériteraient pas vraiment ? Tant mieux. Il s’en réjouit. Sous ses mains activant des guérisons aussi immédiates que fascinantes, c’est tout le caractère de Dieu, plein d’amour et de miséricorde, qui s’affirme. Son Royaume fait soudain irruption in concreto, livrant ici-bas un aperçu éphémère de l’inversion des valeurs et de la métamorphose de la condition humaine qui prévaut là-haut près de son Père.

Si les manuels de catéchisme se limitent à une relation purement factuelle des miracles, ils réservent toujours en conclusion une règle morale édifiante, propre à expliciter par des mots simples le message divin. Cette astuce pédagogique, permettant de lier le geste — le miracle — aux paroles du Christ, permet à l’enfant de s’éveiller aux trois grandes vertus théologales que sont la foi, la charité et l’espérance

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Source : QUÉNARD (Abbé J.B.) — Mon premier livre d’Histoire sainte (Paris, Librairie L’École, 1934, ilustr. René BESSON)

 

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Abbé L. de C. — Je crois en Dieu - L'enseignement religieux en 400 images (Paris, Librairie des Catéchismes, 1906)